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Interview de Jean-François Fountaine et Jean-Marie Vidal


Points de vue sur… 50 ans de plaisance côtière en Méditerranée

 

LE BASSIN DE NAISSANCE DE LA PLAISANCE

 

Les côtes de la Manche et de l’Atlantique ont aujourd’hui la réputation d’être des terres de marins. Pêcheurs et navigateurs, cela ne fait aucun doute. Mais la plaisance ? Pour Jean-François Fountaine, elle est née en Méditerranée, principalement en Provence-Côte d’Azur. Quant à Jean-Marie Vidal, il montre quel a été le rôle du Languedoc-Roussillon.

 

 

JEAN-FRANÇOIS FOUNTAINE

champion du monde de Half Tonner (1980), constructeur avec Yves Pajot de catamarans de plaisance et président de la Fédération des Industries nautiques

 

 

« D’ABORD UNE AFFAIRE DE PERSONNALITÉS, DE PASSIONNÉS »

 

CABOTAGES : Vous êtes plutôt « atlantique » mais vous semblez défendre l’idée d’une plaisance avec l’accent de Fernandel.

C’est vrai. La Méditerranée a été un bassin de première importance pour la naissance de la plaisance et reste encore le premier du monde. Elle offre des fonds importants à proximité de la côte. Cela, en plus du climat et de l’absence de marées, a attiré des bateaux du monde entier, surtout en Provence - Côte d’Azur.

Mais il n’y avait pas que de riches Anglais ou Russes. Après la guerre, ce fut  l’affaire de personnalités locales passionnées de navigation qui se sont fait construire des bateaux en bois à l’unité par des chantiers comme Silvestro ou Harris. C’était des œuvres d’art. Ces pionniers étaient souvent des personnalités attachantes, comme Claude Luther, le musicien de jazz, qui s’est fait construire le premier multicoque.

Un autre phénomène est venu s’ajouter à cette pratique individuelle : les clubs et les écoles de voile. En Corse, l’école des Glénans et un peu partout des clubs de voile de proximité qui ont eu à leur disposition des bateaux très populaires comme le 420 puis le 470 mais aussi le Ponant, fabriqué à Saint Raphaël. Des clubs comme il y en a eu à Marseille et à Cannes ont joué un très grand rôle.

À cela s’est ajouté l’essor de la course en habitable, essentiellement portée par les Marseillais. En 1960, Gaston Defferre avait déjà son Palinodie, le premier de la série. Et il ne faut pas oublier les yachts qui étaient là depuis longtemps et qui se sont multipliés.

 

CABOTAGES :  Mais entre les premiers petits habitables pour aller de calanque en calanque et les yachts, il y a une marge…

 

Oui, c’est en Méditerranée que le phénomène de montée en taille des bateaux de plaisance a été le plus significatif. D’un monde de pionniers découvreurs de la croisière profitant rades et des abris naturels, arrivant à la voile dans des ports essentiellement consacrés à la petite pêche, on est passé à un monde urbanisé où les ports de plaisance ont été construits partout avec des capacités d’accueil immenses, même parfois excessives par rapport aux lieux… L’offre a tiré la plaisance vers le haut et encore une fois, c’est la Méditerranée qui a connu dans le monde l’explosion de la plaisance la plus forte. Mais il ne faut pas voir que le nombre et la taille des bateaux. Il y a eu aussi une considérable évolution du confort. La demande s’est portée sur des prestations de plus en plus sophistiquées et des bateaux de plus en plus "maison". Et, enfin, je dirais qu’on a vu en Méditerranée au cours de ces années se développer un phénomène que nous voyons aujourd’hui émerger en Chine, la plaisance de standing social : le fait d’être vu sur un bateau. Cul à quai, on reçoit ses amis et le bateau devient un lieu de convivialité et d’exposition plus qu’un lieu de pratique nautique.

 

 

JEAN-MARIE VIDAL

coureur au large (3e dans la Transat solitaire 1972), ex-patron de Port Camargue et consultant en ingénierie portuaire

 

 

 

« D’ABORD UNE AFFAIRE DE PERSONNALITÉS, DE PASSIONNÉS »

 

CABOTAGES :  Si la Méditerranée est le berceau de la plaisance d’après-guerre, la situation est certainement différente d’un côté et de l’autre du Rhône…

Il y a sur la côte d’Azur une plaisance dynamique dès l’après-guerre. En Languedoc-Roussillon, il n’y avait pendant ce temps-là que des moustiques et une petite plaisance : une dizaine de petits bateaux dans le canal de Palavas, autant au Grau du Roi ou dans l’embouchure de l’Hérault vers Agde. À Sète, quelques notables locaux avaient leurs bateaux dans un coin du port, mais ils ne cherchaient pas à développer la plaisance. (Ndlr : la Société nautique de Sète est la plus ancienne de France).

 

CABOTAGES :  Et pourtant, on y trouve les plus grands ports d’Europe.

Dès le tout début des années 1960, sont sortis les premiers petits habitables de série qui ont fait le bonheur des caboteurs. Mais sur notre côte rectiligne, avec une Tramontane qui se lève vite et fort, il fallait courir 50 milles pour trouver un abri. C’est pourquoi la voile de plaisance s’est d’abord développée sur le plus grand plan d’eau côtier de France, le bassin de Thau. Sous l’impulsion du club local, la SNBT, une flotte de petits croiseurs de 8 à 9 m, couraient des régates conviviales et sans danger, attirant des gens de Sète, Montpellier, Béziers… Tout est parti de là. Grâce à cela, les villes littorales ont compris que la plaisance était une activité d’avenir et qu’il ne fallait pas se contenter de faire des cités balnéaires sans bassins portuaires.

 

CABOTAGES :  Mais la côte restait aussi difficile pour naviguer…

Oui, et c’est là qu’est entrée en scène la Mission d’aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon, dite Mission Racine. Une opération dont le premier mérite est d’avoir réalisé le maillage d’un littoral inhospitalier de 220 km : une chaîne de ports bien positionnés, à des distances compatibles avec le cabotage, qui a amené la sécurité et, en concentrant la population sur ces points de fixation, a également préservé du bétonnage des centaines de kilomètres de plages et d’étangs.

 

CABOTAGES :  La Mission Racine a eu pour effet de doper le marché ?

 

Oui. Sur la Côte d’Azur, on trouve beaucoup de beaux bateaux de plaisance des années 1930 à 1950. Ici, les "historiques" sont quelques intemporelles catalanes de pêche – grandes, lourdes, marines mais difficiles à manœuvrer sans équipage musclé – et toute la gamme des bateaux de l’époque du boom des années 1960-70. Pour taquiner les autres, j’ai coutume de dire qu’en Bretagne de petits bateaux naviguent beaucoup, qu’en Provence-Côte d’Azur de grands bateaux naviguent peu, et qu’en Languedoc-Roussillon naviguent moyennement des bateaux moyens…

 

 

 

Jean François Deniau, fondateur des Écrivains de marine, "voileux" de toujours :

DE VRAIS PÊCHEURS ET DE GRANDS MARINS

« Bien que n’en étant pas originaire, j’ai lutté contre les appréciations peu flatteuses

concernant son caractère maritime du style : "ce n’est pas une vraie mer" ?, définition

du pêcheur marseillais : "c’est le mari de la femme qui va chercher le poisson à

la gare", « Sainte Vierge, protégez les marins qui sont au port, les autres qu’ils

se démerdent" dit avec l’"assent" bien sûr.

Parce qu’il y a du soleil, on croit qu’il fait toujours beau. Mer à part, certes,

mais mer capricieuse et d’une grande violence exigeant parfois plus de qualités

maritimes que l’océan. (…) J’ai navigué à la voile (Ndlr : en Méditerranée) sur

mon petit yawl Laërtes pendant plus de dix ans (…). J’ai rencontré de vrais pêcheurs

et de grands marins. »

Extrait "Méditerranée" du Dictionnaire Amoureux de la Mer et de l’Aventure, Plon, 2002.

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée