Escale aux halles Sète
Les Halles de Sète : allez tout droit en enfer !
Tous les matins, le marché couvert concentre tout ce qui se fait de bon à Sète. Plus qu'un lieu de vente, c'est un lieu de vie où l'on peut aussi boire et manger. A ne pas rater à l'escale.
Quand vous aurez acheté les bouteilles d'eau, les nouilles et les conserves pour assurer la survie de l'équipage, allez au marché couvert de Sète pour les produits frais. Les halles, si elles ne sont pas un admirable monument d'architecture, sont un magnifique lieu d'achalandage et un vivant forum de la vie sétoise. Voici en photos un itinéraire possible pour une matinée fructueuse et agréable.
BISTROT DU MARCHE
Histoire de vous mettre progressivement dans l'ambiance, vous pouvez commencer dans ce beau café à l'ancienne. C'est l'heure de lire les journaux qu'on vous y propose devant un petit noir avant d'y revenir le soir pour un petit blanc qui y est fort agréable. Le patron qui pour une raison inconnue a fait vÅ“u de ne plus couper ni ses cheveux ni sa barbe organise de sympathiques sardinades. Lui demander les dates.
PORTOFERRAIO
Laure et Steph sont parmi les trois héritiers du maître des pâtes italiennes de Sète, Calmels. Avec les machines d'origine, bichonnées comme des Rolls, ils fabriquent chaque nuit les pâtes fraîches et des raviolis à la viande crue ! dont ils nous régalent dans l'angle du marché (ne pas les confondre avec le déballage de nouilles au centre !). Leurs charcuteries et fromages, leur Limoncello valent aussi le détour. Le sourire de Laure itou.
CIANNI
Une autre institution locale est la maison Cianni qui fabrique les Tielles sétoises depuis 1937. Cet ancien casse-croûte des marins de Charles Quint, passé par la mer d'Espagne en Italie est arrivé ici avec les Italiens. C'est entre une tourte et un chausson, une pâte souple fourrée de poulpe à la sauce sétoise, à base de tomate. Elles sont fabriquées chaque jour à Sète et livrées encore chaudes au marché. Il en existe de toutes les tailles.
EPICES
Un petit tour dans une "épicerie", un endroit où l'on trouve des épices, frais, choisis avec soin. On y trouve aussi les classiques exotiques : fruits tropicaux, vanille, gingembre, piments Plus surprenante parmi les fruits secs, la figue séchée d'Irak, minuscule, goûteuse (elle ne colle pas aux doigts !). Pour ceux qui aiment le Beluga local : la poutargue. Et n'oublions pas les rhums et la cachaça pour accompagner les citons verts.
LEGUMES
Les terres fertiles au pied du massif de la Gardiole sont riches en producteurs de légumes. Le marché propose de très beaux étals bien rangés, bien éclairés, appétissants. Mais, souvent, les meilleurs ne sont pas les plus sophistiqués. Un conseil : restez dans les périphéries. Il y a quelques "bio" excellents et, surtout, près de la barque exposée dans l'allée centrale, Dulce et Victor Fernandez proposent gaiement de très bons produits maraîchers.
BOUCHER
Si vous en avez assez du poisson que vous pêchez en quantité en navigant, essayez la viande. Mais pas n'importe quelle barbaque : de la vraie, de la bonne, bien choisie, bien coupée, servie avec plaisir de vous voir. Une adresse : Herrera, le "Palace de la Viande" ! Pour ceux qui aiment mais qui savent que seul l'excellent est mangeable, il vend aussi un boudin extra, pas gras pour un sou, et son cousin antillais, modérément épicé.
POISSONS 
Si au contraire vous ne prenez rien en mer, vengez-vous sur le poisson "professionnel". Nos coups de cÅ“ur vont à deux poissonniers. Le premier (en face du tripier) propose des poissons du bassin de Thau, particulièrement savoureux. Le second, Maison De Ranteau, en plus des classiques, offre de splendides poulpes et encornets et, si vous lui demandez gentiment, il vous mettra de côté de l'encre de seiche pour les pâtes noires qui vont avec.
JOSY
Les coquillages ! Entre les différentes huîtres, les "escargots" divers, les palourdes, les tellines, les couteaux (rares, chers, mais ça vaut tous les caviars du monde !) et les moules, difficile de choisir. N'hésitez pas : Josy la "Marseillaise" est la reine des moules (une rue porte son nom), et ses voisins d'étal pour les autres coquillages. Les huîtres, c'est Vaudo, dans l'année centrale, qui vous ouvre aussi des plateaux.
TABLES
Les halles de Sète ont eu la bonne idée d'installer des tables ouvertes à tous, et, comme à l'auberge espagnole, on vient avec ses produits. Vous achetez une tielle chez Cianni, vous vous faites ouvrir une douzaine d'huîtres chez Vaudo, vous commandez un pichet de blanc au serveur pince-sans-rire du café Gringo qui passe avec son plateau, vous finissez avec une grappe de raisin muscat trouvée là où on vous a dit. Le bonheur.
ENTONNOIR
Le fin du fin, c'est l'Entonnoir. Au départ c'est un marchand de vin. Pascal propose des crus de la région qu'on teste sur place. Plutôt deux fois qu'une. L'endroit vaut pour ses bouteilles autant que pour le personnage et les habitués Ensuite est venue s'installer Nathalie, qui a ajouté des tables et un coin cuisine pour faire une annexe, la Cantine de l'Entonnoir. On voudrait tous en avoir une comme ça, de cantine ! Formée chez les grands de la gastronomie, Nathalie a pris l'option "stock zéro" : tout est acheté au fur et à mesure des besoins sur le marché. Garantie fraîcheur absolue. Une des toutes meilleures tables de Sète pour un prix sans concurrence. Ne levez pas l'ancre sans y être passé. Réservez : 06 22 72 04 68















