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La sanglante promenade des Anglais ... à Sète

Sète : juillet 1710

Le 24 juillet 1710, 26 navires anglais et hollandais répandent la terreur à Sète, 1500 Anglais débarquent dans la ville et sèment la panique. Le but : créer une diversion sur le rivage et alléger la pression militaire contre les Protestants dans les Cévennes. En cinq jours et à l'aide de renforts, l'armée française les repousse.

 

Marie étend son linge et son regard se porte machinalement vers la mer. Horreur et stupéfaction ! Vingt-six navires battant pavillon anglais et hollandais mouillent au large du port de Sète. Nous sommes au matin du 24 juillet 1710.

En ce début de ce XVIIIe siècle, les guerres de religion font rage dans les Cévennes et les batailles liées à la succession d'Espagne mettent la région à feu et à sang. Le Languedoc est en état de guerre. L'apparition des bateaux au large de Sète ce matin de juillet répand la panique sur la côte comme un feu de poudre.

John Norris, le commandant des forces navales anglaises en Méditerranée, accentue la pression en ordonnant des tirs au canon sur la ville en fin d'après-midi sans pour autant débarquer. Les habitants se cachent, terrorisés.
Le but de l'attaque est clair : créer une diversion en bord de mer afin d'alléger la pression en Cévennes.

Les Anglais espèrent un soulèvement général et la victoire des Protestants. A la faveur de la nuit, 1500 marins anglais touchent terre sur les 3000 de l'expédition par le môle Saint-LouisEnvie d'une escale à Sète , le môle St Louis vous accueil pour amarrer et vous ravitailler le temps du balade sur les quais colorés de Sète où pour y rester .... Un choix stratégique puisque le lieu s'avère dépourvu de défenses.

L'aube se lève le 25 juillet sur une ville occupée sur Saint Clair tandis que les navires de Sa Gracieuse Majesté tirent sur la ville. La population s'enfuit vers l'étang de Thau. Ceux qui restent coincés s'enferment dans la nouvelle église Saint Louis et dans le fort du grand môle. Tous se rendent.

 

Mais François Dubois, le capitaine du fort du grand Môle, réussit à faire prévenir le duc de Roquelaure, commandant en chef des troupes du Languedoc à Montpellier. Ce dernier vole au secours des Sétois et obstrue le canal avec des barques coulées qui interdisent le gué de la Peyrade. Avec ses trois compagnies de cavaliers, il repousse 300 anglais tandis qu'un messager galope vers le Roussillon demander l'aide des troupes du duc de Noailles.

Car depuis la ville de Sète, l'ennemi menace les villages au bord de l'étang de ThauVue aérienne de la ville de Sète et une partie du Bassin de Thau, haut lieu de l'ostréiculture et connu pour son environnement particulier, surtout Mèze. L'armée du duc de Noailles est mise en place avec une remarquable rapidité, arrive à Mèze dès le 26 juillet vers midi. Jugez du peu : 900 dragons, 1000 grenadiers et 12 pièces embarquées à Béziers sur le canal des Deux-Mers.

Le commandant Norris a laissé 600 hommes à Sète et rien ne peut empêcher le pillage de la ville. Le 28 juillet, le duc de Noailles investit le port. Il se heurte aux troupes anglaises sur la plage, grimpe sur la colline et engage une bataille au corps à corps. Les Français reprennent le dessus et Norris ordonne l'évacuation.

Restés dans le fort Saint-Louis 70 Anglais résistent en vain. Leur commandant les abandonne à leur sort. La flotte anglaise reste encore deux jours au large de Sète avant de lever l'ancre et de cingler vers la Provence.

Les Anglais laissent 70 prisonniers et 300 morts contre quelques victimes françaises seulement.

 

Mais, même si l'invasion n'a pas fonctionné, elle a mis au jour l'inefficacité de la défense en Languedoc et la faiblesse de Sète. Dès la fin de 1710 et en 1711, l'île se couvre de défenses avec quatre forts et une redoute (ouvrage à la forme carrée).

Dans le même temps, le fort Saint-Louis se voit octroyé un complément d'armement un mois à peine après la tentative britannique : 24 canons, 4.926 boulets, 2 mortiers, 200 bombes, 300 fusées, 20.000 livres de poudre et 400 livres de mèches. Les travaux de défense se poursuivent jusqu'en 1780. Sète devient imprenable.

 

Source
L'histoire de Sète de Jean Sagnes, Claudie Amado, Alain Degage, André Freises, Jean-Claude Richard et Jean-Jacques Vidal sous la direction de Jean Sagnes. Editions Privat