La ville d'Agde aux rivages inaccessibles
Agde, la belle inaccessible
La vieille cité Agathoise ne peut guère être considérée comme une escale. Pas de pontons d'accueil ou presque , il faut donc faire étape au Cap d'Agde et prendre un vélo.![]()
C'est un peu frustrant
Comme au Grau d'Agde, le cours de l'Hérault est navigable mais ses rives inabordables
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A part la zone technique et le port de pêche à côté de la criée aux poissons bien sûr interdites aux plaisanciers les rives n'ont pas été aménagées pour qu'un caboteur en visite puisse s'amarrer. Les bateaux locaux qui jalonnent le cours du fleuve sont au milieu des roseaux, tenus pas des perches à distance de la berge instable et ensablée.
N'essayez même pas, sauf en canoë.
Cependant, la croisière sur l'Hérault jusqu'à la vieille cité agathoise vaut la peine d'être tentée au moteur et à petite vitesse pour profiter du charme de cette jolie incursion en eau douce.
Si votre tirant d'air est inférieur à 10 m, vous pourrez aller jusqu'aux quais de basalte qui forment l'ancien port d'Agde, au cÅ“ur de la ville. Mais là aussi, faute de ponton flottant sur la rive droite, il est à peine pensable de faire escale. Sur la rive gauche, des restaurants flottants ont été installés et donnent envie de s'y arrêter. Alors ?
On se prend à rêver d'un accueil pour une vingtaine de petits bateaux (voir photo) Ce serait si agréable de faire halte une heure ou deux, le temps de flâner dans les ruelles de cette ville historique où chaque détail est une évocation : sculptures de pierre noire, portes de bois joliment patinées, perspectives étroites sur des maisons tantôt en roche volcanique nue, tantôt chaulées à l'italienne, des pans de petits palais des temps de fortune, des demeures bourgeoises un peu sur le retour, des maisons prolétaires rapetassées, des blocs entiers joliment refaits, des trompe l'Å“il grandioses, du linge aux fenêtres pour mettre de la couleur, et une vie de quartier gouailleuse et que la mode n'est pas encore venue standardiser, "Côté-Sudiser" comme le Panier à Marseille ou l'ancien quartier des pêcheurs à Saint Tropez
UN MUSEE AU CHARME DESUET
Dans l'une de ces ruelles (suivre la signalétique), abrité par l'ancien Hôtel de la Charité créé par l'évêque d'Agde Louis Fouquet, se trouve le Musée Agathois.
Contrairement à son frère le Musée de l'Ephèbe au Cap d'Agde qui jouit d'une muséographie contemporaine, celui-ci est délicieusement kitsch, vieillot à souhait, mais qui a fini par être lui-même un musée de la muséographie
Tout à fait charmant, in donne une belle idée de la vie bourgeoise et maritime des XVIII et XIXè siècles. Personnages de cire, reconstitution de salons, cuisines, ateliers, de cabines de bateaux, un charme désuet et un attrait certain pour les enfants (ouvert tlj de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h, tarif 4,50 €, nombreuses réductions.
Tél : 04 67 94 82 51).
Alors, en attendant d'y venir peut-être un jour en bateau, amarrez-vous dans le port du Cap d'Agde et louez un vélo : Passion-Cycle, Résidence Port Richelieu IV, avenue des Sergents, tél 04.67.51.14.21. Longez les plages vers le Grau d'Agde, remontez par la piste cyclable le long de la rive gauche jusqu'à la ville phocéenne en passant par l'Agenouillade.
S'il fait chaud, la fraîcheur des terrasses de cafés sous les platanes de l'esplanade vous récompenseront de vos efforts à l'arrivée.
Christophe Naigeon










