Cité lacustre gauloise, devenue vénitienne
Les transports par mer de Martigues vers l’Italie sont attestés à partir de 600 ans avant J.C. La ville traverse l’occupation gauloise puis l’époque gallo-romaine. Elle multiplie ses relations avec Marseille la Grecque. Aujourd’hui on surnomme Martigues La Venise provençale.
Après avoir demandé l’autorisation sur le canal 12 à "Fos Port Contrôle" (la tour de contrôle maritime de Port-de-Bouc), vous pouvez vous engager – uniquement au moteur – dans le canal de Caronte.
Attention au trafic commercial intense qui a la priorité. Après le premier tiers, le chenal s’élargit au bassin d’évolution et vous trouvez à droite une vaste zone nautique, Port Maritima, sans intérêt nautouristique. Il faut passer sous le pont de l’autoroute pour rejoindre le bassin de Ferrières, au centre-ville, où il y a 10 places pour les visiteurs.
Quand vous remonterez le chenal de Caronte vers Martigues, sachez que vous ne serez pas le premier. Doublé le pont de l’autoroute, vous approcherez de la "Venise provençale", cité lacustre depuis presque trois mille ans, qui fut gauloise, romaine, mérovingienne…
Les historiens attestent la présence de villages lacustres sur l'emplacement de la ville actuelle dès 800 - 700 avant J.C
. Exactement sur la rive nord du chenal de Caronte, à l'emplacement de l'ancien site des Salins de Ferrières occupé aujourd'hui par l'Hôtel de ville. La fondation de Massalia (Marseille) en 600 avant J-C change l’histoire de Martigues. C’est pour la construction de Massalia qu’ouvre la carrière de pierres à ciel ouvert le long du littoral de la côte bleue près de La Couronne-Carro. Ces pierres roses sont transportées par bateaux et amplifient les relations avec Marseille.
TENSIONS ENTRE GRECS ET GAULOIS
Sous l’impulsion des Hellènes, les habitants de Martigues débutent la culture du vin. Les terres autour de la ville offrent l'une des rares dépressions fertiles (800 ha) de la région. Les maisons sont en terre crue, en brique et en pierre et couvrent environ 1,5 ha, protégées par un rempart qui enserre la ville. Des fouilles de 1978 ont mis à jour des objets de cette période.
Cette île, immergée au milieu du chenal de Caronte a probablement été créée par les Gaulois pour y réaliser un habitat protégé par les eaux. Avec des travaux énormes pour stabiliser un sol marécageux. Un incendie le détruit entièrement en 400 avant J.C, déclenché par les Hellènes de plus en plus hégémoniques. La cité est reconstruite exactement au même emplacement. Nous sommes en 350 Avant J.C. Martigues atteint maintenant 4 à 5 ha et probablement plusieurs milliers d'habitants, principalement des paysans, des pêcheurs et des tailleurs de pierres. Les relations économiques avec Marseille prospèrent.
Vers 200 avant J.C les Gaulois construisent un deuxième village sur l’île de Martigues. Mais les tensions entre Hellènes et Gaulois demeurent durant les IIIe et IIe siècles avant J-C. Dans le même temps débute la colonisation romaine, accélérée du fait de ces divisions. Les armées romaines envahissent le sud de la Gaule en 125-124 avant J.C et baptisent "Narbonnaise" la nouvelle province annexée en 122 avant J.C. Mais cette dernière se trouve affaiblie à son tour par la menace de l’invasion par la vallée du Rhône des Cimbres (tribu venue du Danemark) et des Teutons (tribu germaine).
LA CRISE DE LA – CINQUANTAINE
Après sept siècles de prospérité, l’activité de Martigues décline et les habitants désertent la ville vers 50 avant J.C. Autre facteur de chute : à la même époque, César donne le statut de colonie à Arles qui signe le début de l’essor de cette dernière au détriment des cités voisines.
L’occupation gallo-romaine voit la création de cités romaines. Celle bâtie sur le territoire de Martigues s’appelle Maritima Avaticorum Colonia, en fait une vaste exploitation agricole
Les produits sont transportés par cabotage à partir des ports installés sur la côte comme le port de Sénèmes dans l'anse des Laurons ou de Tholon. Le christianisme s’implante à partir des IIIe et IVe siècles dans la région.
les Skires, menés par Odoacre, s’emparent de Rome en 476 et signent la chute de l’empire romain et son agonie dans tout le sud de la France.
Childebert, fils du roi mérovingien Clovis, achète la Provence en 536-537. Il signe un acte de donation qui attribue le village de Saint-Geniez, situé au sud de l'Etang de Caronte, probablement l'actuel quartier de Jonquières, à Césaire l'Archevêque d'Arles qui devient propriétaire terrien de la région. Ce dernier cède Martigues au Comte de Provence Raimond Bérenger V en 1226.
Riche de ce passé, Martigues devient au fil du temps une ville prospère et compte aujourd’hui sept ports à flot et deux à terre. Sa capacité est de deux mille places.
Source :
Archives communales et départementales, patrimoine et histoire.

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