Sur les traces de Napoléon à St Raphaël
De l'Egypte au port de plaisance de Saint-Raphaël
Saint Raphaël était déjà une ville néolithique. Mais la ville révèle au promeneur un visage qui évoque l'Empire et les rêves architecturaux des milliardaires de la Belle Epoque.
C'est ici que Bonaparte débarqua en 1799 de retour de la campagne d'Egypte. C'est là aussi que Napoléon rembarqua pour Elbe en 1814 ! Mais il s'agissait eu vieux port, où vous n'avez quasiment pas de chances de trouver une place. Alors remettez votre sort entre les mains de Santa Lucia, la patronne des pontons du port-neuf.
Port moderne de 1.550 places au Sud-Est à moins d'un mille de Saint Raphaël, Santa Lucia est protégé par une grande jetée derrière lesquels deux bassins ont été gagnés sur la mer. Les visiteurs y trouveront souvent une place même tard le soir au mois d'août du fait d'une parfaite gestion des disponibilités, iront au bassin sud sauf avis contraire de la capitainerie ou de l'accueil en mer. Compte tenu de la disposition générale le long d'une longue jetée de nombreux postes d'amarrage, ils auront souvent à faire quatre pas à terre voire plus pour profiter des services et attractions de la station où côté culture, sont proposés deux musées : préhistoire et d'archéologie sous-marine.
Mais quand on regarde cette ville, rien n'évoque ce passé riche qui ne laisse pas de traces visibles pour le nautouriste moyen.
Ce qui frappe, c'est le style baroque flamboyant de la station balnéaire du XIXe siècle. Néo-grec, rococo, Belle époque, Modern style, Style ''nouille'', chalets à la normande, façades à colombages... de la pierre sculptée, des stucs peints, des fers forgés, des tuiles vernissées... des ors, des jaunes et des ocres, des rouges et des bleus, des fleurs et des palmiers à profusion... tout y est pour épater le populo.
Le résultat est très plaisant, c'est comme une sorte de musée de l'apogée de l'ère industrielle d'avant que l'Europe ne se déchire par une succession de guerres mondiales et que la plage des milliardaires ne devienne celle des péniches de débarquement.
L'un des joyaux de cette architecture est l'église Notre Dame de la Victoire.
C'est en 1883 que fut posée sa première pierre et en 1887 qu'elle fut consacrée, pour être finalement élevée au rang de basilique en 2004. Son style à moitié Byzantin, à moitié gothique en passant par quelques tentations romanes en fait un bâtiment singulier qui, finalement s'accorde très bien à cette ville de grande liberté architecturale...
Saint Raphaël qui doit sa prospérité à la construction de la ligne de train qui partait de Toulon est en cela semblable à Sainte-Maxime ou encore à Hyères : ce furent de très importantes "colonies" britanniques, comme en témoignent les églises très british qu'on y trouve. Un peu folles, elles aussi ! Exactement comme on aime!
- Claude Roger

















