La supérette du Frioul
Une superette de légende
« La maison n'est pas responsable de la qualité du vin et ne remboursera pas les bouteilles ouvertes ». Affiche de la superette du Frioul… Tout un programme ! De l'Espagne à l'Italie, et peut-être même de Vladivostok a Paramaribo, on ne tarit pas d'anecdotes sur ce haut lieu de l'avitaillement ! La supérette du Frioul est une légende planétaire.
Le Frioul : un port d'étape vraiment agréable dans le site magnifique de la rade de Marseille, avec ses paysages, ses promenades, sa lumière, ses criques et la clarté des eaux, l'ambiance des Marseillais qui y viennent passer leur week-end… Un ship sympa, des restos acceptables tout au long du quai – mais, pour le reste, c'est un peu la zone. Pas de distributeur de billets. Et pas de banque à braquer si on est bloqué cinq jours par le mistral ! Pas de boucher. Et la chasse est interdite. Pas de poisson frais. Quelques surgelés à la supérette. Pas de pain. Sur commande à la supérette. Envie de fumer ? Depuis quelques années, la famille de la supérette a ouvert un tabac. Envie de lire le journal ? Les nouvelles, c'est comme la pain, ça se commande à la supérette. Et encore, pas de journaux nationaux. Pas de choix : à la supérette, quelques boîtes de conserve bas de gamme, deux plaquettes de beurre et trois yaourts, quelques sachets de charcuterie sous blister, du papier en rouleau pour tous les usages… de la bière, du vin (qualité non garantie !) quelques bouteilles de lait et d'eau. Le sommet est atteint avec l'eau congelée : le prix des glaçons est tel qu'on hésite à servir un second Pastis à ses meilleurs amis. Mais ce qui est le plus rare et le plus cher c'est le sourire et un mot aimable… Comme on est en vacances, on préfère en rigoler, mais, si on ne demande pas le beurre et l'argent du beurre, on aimerait avoir le sourire de la crémière.
Ceux qui fréquentent régulièrement l'escale savent qu'il faut user de la supérette comme d'un stock de survie. Il faut venir au Frioul avec un bateau plein de victuailles. Il est amusant de voir, après plusieurs jours de mer trop forte pour sortir, les plaisanciers s'organiser spontanément en « rescue squad» pour partager les frais de navette sur Marseille et rapporter les provisions !
Même si on n'est pas un farouche libéral, au Frioul, on se dit qu'un peu de concurrence ne ferait pas de mal. Encore un effort pour mériter notre rang de première destination touristique mondiale !

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