Les deux phares jumeaux du Grau d'Agde.
Le Grau d'Agde, un mouillage bien tranquille
Dès l'Antiquité, Le Grau d'Agde s'avère un mouillage sûr pour les gros navires de commerce qui se rendent à Agde, la cité phocéenne voisine. Un miracle à l'époque médiévale sur l'emplacement de la chapelle Notre Dame de l'Agenouillade transforme le Grau d'Agde
en haut lieu de pèlerinage chrétien.
Peu osent le faire, mais ça en vaut la peine. Passez entre les deux phares jumeaux qui ressemblent à des sucres candies aux chapeaux rouge et vert et remontez l'Hérault sur quelques centaines de mètres entre deux digues d'âpres pierres volcaniques. Même si vous n'allez pas jusqu'à la ville d'Agde qui mérite le détour vous verrez là une jolie cité balnéaire du temps des Bains de Mer avec ses cafés et restaurants en surplomb dur la rive gauche du fleuve. Hélas, vous ne pourrez pas vous arrêter car il n'y a aucun lieu d'accostage. Peut-être un jour
Dès l'Antiquité, vers 600 avant J-C, entraient par là de gros navires de commerce appartenant à des phocéens qui ont construit en amont la prospère cité d'Agde. Mais la particularité du village tient au miracle qui transforme le Grau d'Agde
en lieu de pèlerinage. Nous sommes au Moyen-Age. Voici ce que raconte la légende :
Vers 450, au cours d'une terrible tempête la mer remonte de près d'un kilomètre dans les terres. Tout semble perdu lorsque la Vierge, agenouillée sur un rocher, apparaît à un moine de Saint Sever originaire de Syrie. Peu à peu l'ouragan se calme et les eaux se retirent, mais dans la roche, l'empreinte des genoux de Marie demeure. Commence alors un culte à la vierge. Est fondé au Ve ou au VIe siècle le sanctuaire Notre Dame du Grau, en souvenir du miracle. Ce sanctuaire figure le lieu saint originel. Des bénédictions y ont lieu par la suite pendant plusieurs siècles.
A la fin du XVIe siècle, le Connétable Henry 1er de Montmorency, Gouverneur du Languedoc, obtient l'autorisation d'édifier un couvent. Il en confie la construction à l'ordre des capucins (religieux d'une branche réformée des frères mineurs créée au XVIe siècle). Ceux-ci utilisent l'église existante et la jouxtent au couvent. A la même époque, les autorités ecclésiastiques construisent une chapelle dont le nom est associé au souvenir encore très vif du miracle de la tempête : Notre Dame de l'Agenouillade. A l'intérieur, trône le rocher comportant l'empreinte des genoux de la vierge.
Ces églises deviennent rapidement des hauts lieux de pèlerinage sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle. Des milliers de fidèles viennent de très loin y vénérer la vierge, isolée à l'époque en bordure d'une pinède. Aujourd'hui, l'ensemble architectural se mêle au centre ville.
Les Pères Capucins élèvent en tout quinze chapelles de telle sorte que le pèlerin puisse accomplir ses dévotions le long du chemin d'Agde jusqu'à Notre Dame du Grau. Chacune de ces chapelles représente un mystère de la Passion du Christ. Le succès est immense et les pèlerins affluent de tout le monde chrétien : l'année 1612 compte plus de 600 processions.
La Révolution française détruit tous ces sanctuaires et il faudra attendre le XIXe siècle pour que soit reconstruite une église, l'actuelle Notre Dame du Grau, par les Pénitents blancs (religieux recouverts d'un vêtement blanc et s'imposant des pratiques de piété et de charité). La confrérie, créée par Henri III en 1585, est sous l'invocation de la Sainte Vierge.
La municipalité engage des travaux d'envergure en 2004 afin de redonner tout son lustre à ce lieu auquel tiennent les Agathois. La chapelle de l'Agenouillade
est ouverte tous les jours, de 10h à 18h en entrée libre. L'église, en revanche, est fermée et propose très peu d'offices religieux, sauf le 15 août, jour de pèlerinage annuel. L'office de tourisme d'Agde propose à la demande des visites guidées du lieu saint. Une étape rafraîchissante et spirituelle dans un petit village au charme authentique.
- Source
- Office de tourisme d'Agde













