Cinéma à Toulon
Raimu, Le Marseillais de Toulon
En 1958, Orson Welles rend visite à Marcel Pagnol pour ''voir Monsieur Raimu'' qu'il considère comme le plus grand acteur de tous les temps. Mais l'écrivain-cinéaste lui apprend la mort de Jean Auguste Muraire, alias Raimu.
Et Orson Welles, l'immense figure du cinéma, se met à pleurer. Lui qui avait mis en émoi toute l'Amérique vingt ans plus tôt en adaptant pour la radio La Guerre des Mondes de H.G Wells, ne rencontrera pas le génial acteur français. L'auteur involontaire du canular du siècle qui jeta un million de New-Yorkais paniqués par une invasion d'extraterrestres sur les routes, repartira avec ses projets de films.
Déplacer les foules, ces deux géants savaient le faire. On peut imaginer ce que leur association aurait pu donner...
En 1900, le jeune Auguste qui n'a que dix-sept ans, s'appelle Rallum et commence sa carrière comme comique troupier dans les bars à matelots de Toulon. Il multiplie les petits boulots : croupier à Aix les Bains, souffleur au théâtre de l'Alcazar de Marseille. Puis il devient, sous le nom de Raimu
, une vedette régionale, grâce au répertoire de chansons de Polin. Mais c'est grâce à Félix Mayol, un autre Toulonnais qui le fait «monter» à Paris que la chance lui sourit, dans les revues du Concert Mayol mais aussi aux Folies Bergères, au Casino de Paris... En 1929 c'est la consécration, au Théâtre de Paris avec Marius, une œuvre marseillaise où il incarne César, un personnage haut en couleur, né sous la plume d'un autre exilé de la Provence, Marcel Pagnol.
Adapté à l'écran par le metteur en scène américain Alexandre Korda, Marius devient un des premiers succès du cinéma parlant français. Raimu tourne ensuite Fanny sous la direction de Marc Allégret et César réalisé par Pagnol, bouclant ainsi l'inoubliable Trilogie marseillaise.
C'est à Toulon, sa ville natale, dans la douce fraîcheur d'une petite place homonyme que Raimu nous « fend le cœur », éternellement. On s'y réjouit de la reproduction en bronze de la célèbre partie de cartes, liée à jamais au Bar de la Marine deMarseille.
Partie de cartes qui faillit ne jamais exister, supprimée par son auteur qui la jugeait trop en gueule. En cachette, Raimu et ses comparses dont le caméraman, répétèrent la scène et l'interprétèrent sous les yeux de Pagnol qui, pour seul commentaire, tracera dans la loge de son acteur fétiche les quelques mots, qu'il considérera comme le plus beau compliment qu'on lui ait fait « Raimu tu es un génie » !

















