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Toulon port arsenal

Port Arsenal de Toulon : un sanctuaire très convoité

English FlagIl y a une sorte de paradoxe entre s'ouvrir et se murer. Un port est un abri mais aussi un  lieu d'échange, de mélange et de passage, ouvert sur le monde. Toulon est tout autre. C'est un arsenal, un port de guerre, une place forte. Ouverte au monde, la ville l'est d'une autre manière. Toute son histoire est liée à l'Histoire diplomatique internationale.


 

Que vous soyez arrivé par les Embiez ou les îles d'Or, vous avez observé sur les hauteurs, dans les anfractuosités des rochers, camouflés dans les à-pics, des fortins, des échauguettes, des affûts de canons. Vous avez aperçu des portes blindées et des escaliers taillés dans la roche, vous avez deviné des tunnels et des passages dérobés, vous avez même imaginé, tant le lieu porte à le croire, que la construction post-moderne au pied du cap Sicié était la base ultrasecrète du Dr No.

La rade de ToulonLe Toulon port  arsenal est un port de guerre, une place forte le long de la  Méditerranée, parce qu'elle va loin dans les terres, est un magnifique refuge. Contre les vents et les vagues, mais aussi contre l'ennemi. Dès le IIIe siècle, les Romains y stationnaient leur flotte de guerre.

Mais, pour les mêmes raisons, il est possible d'en fermer la sortie et de l'attaquer par le haut. Les stratèges vous le diront, une cuvette se tient par ses bords.

C'est là toute l'histoire de Toulon. Sa force est sa fragilité. Vauban, qui visita la ville en 1678 le comprit et munit l'arsenal de fortifications. Très satisfait, il décrivit ce travail comme « le chef-d'œuvre des ouvrages du roi et la plus belle pièce de marine qui fut en Europe ». Il mourut en 1707, l'année du "siège de Toulon".

 

AUTRICHIENS, SAVOYARD, ANGLAIS
En été de cette année-là, les coalisés Autrichiens, Savoyards et Anglais mirent à mal son système de défense en organisant, depuis la mer, un blocus de l'entrée de la rade mais surtout en occupant des positions dominantes avec 40.000 hommes de troupes terrestres et une forte artillerie. La résistance héroïque des Toulonnais les sortit de ce mauvais pas, l'assaillant reflua mais les fortifications et une grande part de la ville étaient en ruines.
Toulon fut reconstruite et de nouvelles murailles édifiées. Eternel recommencement. Car Toulon n'a jamais cessé d'être convoitée, principalement par les Anglais qui ont toujours rêvé d'un second Gibraltar. On les comprend. Comme la forteresse de Carcassonne barrait l'accès de l'Aquitaine au Languedoc, Toulon tenait et tient encore la route de l'Espagne à l'Italie.
Mais Toulon n'est pas une citadelle. C'est un arsenal et un chantier naval qui, depuis la fin du XVIe siècle, construit, abrite, entraîne et envoie combattre la flotte de guerre française sur tous les théâtres de conflits. Prendre Toulon c'est non seulement acquérir une position géographique intéressante, c'est aussi mettre la main sur un outil industriel de premier plan et l'essentiel du potentiel naval français.
C'est pourquoi, dès les premiers jours du siège de 1707, M. de Langeron, commandant de la marine, décida de saborder la flotte et d'envoyer par le fond dans la darse vingt-trois vaisseaux du roi : « nous avons noyé ce que l'ennemi avait voulu réduire en cendres ». Ce fut là sans doute une erreur estiment des historiens, car l'armée prouva les jours suivants qu'elle savait défendre la place.

 

ESPAGNOLS, NAPOLITAINS, SARDES

Autre siège, en 1793. Toulon, mal administrée par les Jacobins, était tombée aux mains des contre-révolutionnaires qui avaient fait occuper la ville par mille cinq cents Espagnols, Sardes, Napolitains et Anglais. Quand, à la tête de l'artillerie, Bonaparte encore défenseur de la Révolution participa victorieusement à la reprise de la ville, les coalisés, en fuyant, brûlèrent neuf vaisseaux et trois frégates. L'incendie de l'arsenal, grâce aux efforts des soldats, des Toulonnais et des bagnards, fut arrêté à temps.

En novembre 1942, alors que l'armée française était défaite, le pays occupé et que rien ne pouvait empêcher les Allemands de s'emparer des navires de guerre français, la flotte se saborda avec raison et succès, si l'on peut dire. Juste au moment où les chars du Reich prenaient position dans le port, dans un enfer d'explosions et de flammes, 3 cuirassés, 7 croiseurs, 15 contre-torpilleurs, 13 torpilleurs, 6 avisos, 12 sous-marins, 9 patrouilleurs et dragueurs, 19 bâtiments de servitude, 1 bâtiment-école, 28 remorqueurs et 4 docks de levage, ont été sabordés, représentant un total de 235.000 t.

Jamais prise, souvent détruite, ToulonToulon : départ des gros cargos et baquebots pour la traversée de la Méditerranée vers la Corse garde aussi la mémoire de bien d'autres moments violents de l'histoire : le temps des galères, l'époque coloniale, les explosions de l'atelier des torpilles et la peste, ennemi contre lequel aucun rempart de pierre ne peut rien.

 

Christophe Naigeon
Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée
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