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Destination Charente Maritime : Royan

ROYAN
années folles années twist archi fifties !

 Les Halles de Royan

 

 

Le premier signe est apparu place du  marché. En venant de Rochefort par des quartiers en rien remarquables, ce bâtiment venu d’ailleurs est une surprise. Un objet de modernité telle qu’on la voyait dans les années enthousiastes et futuristes de l’après-guerre. Royan, qui s’était rendue célèbre par ses petites sardines - les royan - et par les Bains-demer, a trouvé une nouvelle identité: l’architecture années 50. C’est la troisième vie de la ville deux fois martyre.

Refuge des Huguenots, la protestante Royan fut une première fois rasée par Richelieu en 1631. En 1945, base militaire Allemande, les résistants l’assiègent durant plus de huit mois avant que les bombardiers de la Royal Air Force n’y larguent d’abord 1.500 tonnes de bombes puis une seconde ration de 10.000 tonnes et, pour finir, 800.000 litres de napalm. La poche de Royan était réduite mais la ville, enfin libérée, détruite à 85%.
La reconstruction de la cité s’est organisée dans un premier désir d’en retrouver l’ancien visage et ses emblématiques cariatides à la Le Corbusier, très en vogue, mais déjà ‘‘classique’’ pour les jeunes architectes. En 1953, avec le nouveau maire et quelques architectes d’inspiration décidés à mettre en oeuvre les nouveaux acquis urbanistiques, Royan prend un tournant décisif. Sous la triple influence de l’avant-garde brésilienne - avec la découverte des réalisations d’Oscar Niemeyer-, du style Art-Déco et du régionalisme saintongeais, autour des architectes Claude Ferret, Louis Simon, André Morisseau ou encore Claude Gillet, se développent d’autres projets, issus de cette singulière


École de Royan.

Le marché Central est en 1956, une première expression de la ‘‘tropicalisation de l’architecture’’ royannaise. Né de la double inspiration d’un restaurant mexicain et du tableau de Botticelli la Naissance de Vénus, l’imagination s’emballe. On peut y voir un extraordinaire moule à charlotte renversé ou une Jules-Vernienne méduse posée là, légère et élégante. Ses lobes que Salvador Dali aurait pu qualifier de paraboloïdes hyperboliques (ajouter l’accent catalan), accueillent les étals de plein vent. Architecture RoyannaiseLa clé de voûte, en pavés de verre laisse filtrer la lumière. L’heure de la marée laisse le temps d’un tour en ville. Royan se découvre comme un univers à la Jacques Tati version Mon Oncle qui nous en révèle l’art de traiter la couleur et les voiles de béton, de supprimer la contremarche des escaliers, de mêler le verre, le béton, la brique et le métal, de créer des jeux d’ombre avec les brise-soleil, de rendre coulissantes les persiennes de bois ou de protéger son intimité derrière des claustras. De l’immeuble grille-pain, façon Salon des Arts-Ménagers, aux villas Japbica et Mbi Ye No, en passant par le temple protestant et l’ancienne gare routière, Royan, archi-fifties, comble de joies multiples les amateurs des années twist et des juke-box d’époque.

Eglise de RoyanMoins ludique, la magistrale église Notre-Dame, de Bernard Gillet (qui y est enterré depuis 1999) et de l’ingénieur Bernard Lafaille, est un immense silo de béton et de verre (500 m² de vitraux de verre et baccarat), considéré comme un édifice majeur de l’architecture contemporaine. Elle domine la cité et les alentours depuis 1958. Pour ne pas contrarier cette émergence, digne de l’effet produit par la cathédrale de Majorque vue de la mer, la hauteur des immeubles de la ville a été limitée. Dans le même esprit, le front de mer n’est pas une muraille. Pour aller vers le port, nous passons sous l’un de ses nombreux passages aménagés pour quitter l’espace urbain à la rencontre de l’espace maritime. Cet immense croissant blanc aux loggias rouges, construit dès 1949, se déploie sur six-cents mètres en épousant la courbe de l’anse portuaire. 

Anecdotique modernité, les boîtes à lettres drive-in de la promenade ! Et, paysage plus familier des plaisanciers, s’ouvre l’univers portuaire avec sa forêt de mâts, le centre nautique, le port de pêche, le quai des pilotines, le terminal de ferries pour traverser l’estuaire jusqu’au Verdon. Émile Zola se tînt souvent ici, à observer les barques de pêche et les gabares chargées de tonneaux d’eau de vie. Il aimait aussi pendre le tramway dont les voitures, cousines de celle du Jardin d’Acclimatation de Paris, l’emportaient pour une excursion dans les parcs à huîtres de la Seudre, où il se délectait : « on jetait les coquilles derrière soi dans le chenal », écrivit-il.

Dans les années 1850, sur le quai du bac proche de la grande roue, débarquaient des steamers les bourgeois de Bordeaux et de Paris. Ils étaient venus par les ‘‘trains de plaisir’’, précédant ceux de la compagnie des wagons lits qui seront mis en service en 1875, pour que ce beau monde puisse bénéficier des Bains-de-mer si salutaires et se distraire dans le casino qui existait alors.

 

Architecture Royannaise 2À l’opposé de la baie, et dominant la plage de la Grande Conche, ici et là épargnée par les bombardements et la négligence accordée à un patrimoine urbain qu’on ne voyait pas encore comme tel, s’étale un mélange architectural étourdissant. Cet éclectisme raconte l’aventure de la si prisée Royan balnéaire de la Belle Époque, quand de riches ‘‘étrangers’’ pouvaient se laiser aller à matérialiser des fantasmes de pierre : chalets montagnards, cottages de style néo-Tudor anglo-saxon, villas comme à Deauville, à Saint-Malo ou à Ostende, folies à clochetons, encorbellements et tourelles... le tout piqué, dans les interstices ouverts par les bombes, de villas ‘‘début des trente Glorieuses’’, avec leurs lignes aiguës et leurs couleurs tranchées, dont la célébrissime Villa magnétoscope qui jouxte une sorte de Xanadu hollywoodien. Le bateau attend.


 

Sources : « L’Invention d’une ville, Royan années 50 » de
Thierry Jeanmonot, Gilles Ragot, Nicolas Nogue et Chantal
Callais, et « Royan 1950 » de Antoine-Marie Préault.
Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée