Signac et Saint-Tropez
Le réveil de la belle endormie
Les artistes ont redonné vie à la ville
Comme Guy de Maupassant, écrivain et marin, quatre années plus tôt, le peintre Signac qui cherche un mouillage pour son voilier Olympia est frappé par la beauté du port. Aussi, telles les marraines des contes de fées, Maupassant et Signac vont révéler au monde et réveiller à elle-même "la belle endormie".
Avec le déclin du port, il ne lui reste plus que son climat et sa lumière, ses vignes et son lien paysager avec le massif des Maures. Avant la "plai
sance" on n'y pratique plus que la navigation de "délassement".
Avec Seurat, Paul Signac, a donné naissance au pointillisme et a fondé avec Picabia le groupe des Impressionnistes scientifiques. Il a grandi sous l'influence des impressionnistes de Montmartre et co-fondé le "salon des Indépendants" qui, en 1905, provoqua un séisme !
Quand il découvre Saint-Tropez, il s'installe dans un cabanon près de la plage des Graniers puis achète en 1897 sa célèbre villa La Hune. Elle devient, avec la villa Demière où s'est installé Manguin, le lieu de rencontre d'artistes.
En 1904 y séjourne Henri Matisse, en pleine gestation du "fauvisme" et bientôt en route pour Collioure, autre port et ville-lumière. Il peint ici Madame Matisse en kimono, La Place des Lices et brosse sur la plage des Canebiers les esquisses de Luxe, calme et Volupté.
Ce sont les artistes, peintres et écrivains qui vont insuffler la nouvelle vie de Saint-Tropez bientôt mise en lumière par les cinéastes et les acteurs. Raimu s'habillait chez Vachon bien avant que Brigitte Bardot ne devienne l'égérie de la marque et de la Nouvelle Vague. L'engouement continuera avec les Yéyés. Le Saint Trop' des yachts commencera à naître.

















