Migrants dans un paradis fiscal, bienvenu à Saint-Tropez
Pour repeupler la ville de Saint-Tropez, on séduit les Italiens
Au XVe siècle, le "Bon roi René", Comte de Provence, cherche à repeupler Saint-Tropez. Depuis de la fin de la Pax Romana, la côte est livrée aux pillages des pirates barbaresques, ottomans et sarrasins. Les habitants ont reflué vers l'arrière-pays. Puis survient la peste noire.
Le littoral est humainement exsangue : en 1316, il ne reste à Saint-Tropez que soixante "feux de queste" foyers fiscaux selon les registres de l'affouage (impôt appliqué à chaque feu). Cela dure plus d'un siècle.
Le roi René décide d'attirer les étrangers dans la Baronnie de Grimaud, nouvellement créée en 1441. Il confie cette charge à un gentilhomme italien, Rafaele di Garezzio qui arrive bientôt de Gênes à la tête d'une flotte de vingt et une caravelles et une soixantaine de familles.
Par contrat, Di Garezzio s'engage à reconstruire et protéger la ville. En contrepartie, les migrants sont déclarés francs, libres et exempts d'impôts.
La cité, administrée par deux consuls et douze conseillers élus, est une petite république qui possède sa flotte et son armée. En 1558, l'autorité de la ville est renforcée avec la création de la charge de Capitaine de Ville. Elu chaque année, il dirige les Capitaines de Quartier, une milice et des mercenaires.
La ville résiste aux Turcs, aux Espagnols, elle intervient dans la récupération des îles de Lérins dont l'archevêque de Bordeaux avait été dépossédé et prête main forte aux ports voisins. La convention est abrogée par Louis XIV en 1672 quand il désarme la Citadelle.

















