Artistes sétois : Georges Brassens, Jean Vilar, Paul Valéry
Trois mondialement célèbres fils de Sète
Georges Brassens, Agnès Varda, Jean Vilar, Paul Valéry et les frères Di Rosa
Georges Brassens, le poète à la guitare libertaire est né à Sète en 1921, Jean Vilar, l'homme brûlait les planches, en 1912, et Paul Valéry l'écrivain poète du cimetière marin, en 1871.
Ces trois enfants de Sète ont porté au loin le renom de la ville. Si Jean a surtout rendu Avignon célèbre et en a fait la ville de sa vie comme de sa dernière demeure, Paul et Georges ont, chacun à sa manière, chanté la douceur de l'île singulière où il fait si bon vivre qu'on tient aussi à y... être mort, en bonne compagnie.
Brassens dans sa Supplique pour Etre Enterré sur la Plage de Sète, chantait :
« Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi l'humble troubadour sur lui je renchéris,
Le bon maître me le pardonne.
Et qu'au moins si ses vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit plus marin que le sien,
Et n'en déplaise aux autochtones.»
Plus marin, on ne saurait le dire. Plus populaire, certainement, puisque le chanteur à la célèbre moustache est enterré au cimetière Py, dit cimetière des pauvres, au bout de la corniche.
Presque un siècle plus tôt Valéry concluait son poème Le Cimetière Marin par ces vers :
« Le vent se lève! il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs! »
Sète rend hommage à Georges Brassens et Paul Valéry
en leur consacrant deux magnifiques lieux :
Le musée Paul Valéry, à côté du cimetière marin (rue François Desnoyer, tel 04 67 46 20 98), qui outre la salle spécialement consacrée au poète (manuscrits, aquarelles, éditions originales...), accueille aussi des expositions dédiées aux peintres sétois classiques (Roux, Chapusot, Hintz, Roussy, Troncy, Marquet, Fusaro, Sarthou, Couderc...) et aux contemporains (Combas, Cosentino, Cervera et les frères Di Rosa). On y trouve aussi un espace consacré aux joutes nautiques.
Le Centre Georges Brassens (64, boulevard Camille Blanc, tel 04 67 53 32 77) comporte une première partie axée sur les aspects biographiques avec un éclairage tout particulier sur les images, les sensations. Une seconde partie, la salle vidéo qui diffuse des documents, interviews tour de chant. Une troisième propose une approche de l'œuvre au travers de quelques grands thèmes : l'anticonformisme, les poètes, les femmes.
AGNES VARDA
La Nouvelle Vague sur les plages
Les Sétois seraient bien prêts à se l'approprier. Et pourtant, elle est née en Belgique en 1928. Elle y a vécu jusqu'à ce qu'en 1940 la guerre fasse fuir sa famille jusqu'à Sète. De l'âge de 12 ans à celui d'entrer à l'université, elle y vit les années de guerre puis de paix retrouvée.
Installée à Paris, elle fait des études de photo aux Beaux-Arts, devient photographe au T.N.P. (Théâtre National Populaire) dirigé par Jean Vilar, enfant de Sète dont elle connaissait l'épouse. C'est à Sète qu'elle épousera Jacques Demy. C'est aussi ici qu'elle réalisera en 1955 son premier long métrage, La Pointe Courte, avec pour acteurs Sylvia Montfort, Philippe Noiret et les habitants de la Point Courte qui, en souvenir, lui ont attribué une rue, la "traverse Agnès Varda". Dans cette histoire de couple qui se défait, elle montre montrer la vie des gens du quartier, la pêche, l'étang de Thau.
Cinquante trois ans plus tard, Agnès Varda est revenue à Sète pour tourner Les Plages d'Agnès, film-souvenir où elle remonte le temps dans un pointu à voile.
Ainsi, pour fêter ses 80 ans, la seule réalisatrice de l'avant garde des années soixante a fait déferler la Nouvelle Vague sur les rivages de sa vie. Comme elle le dit elle-même « Si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages. Moi, si on m'ouvrait, on trouverait des plages ». Sète lui rend hommage :
Le CRAC (Centre Régional d'Art Contemporain, 26, quai Aspirant Herber Tel 04 67 74 94 37), à deux pas du port, en exposant La Première Image, son exposition sur de thème des "plages d'Agnès", du 10 juillet au 27 septembre.
LES FRERES DI ROSA
et le Musée International des Arts Modestes
Deux autres enfants de Sète ont contribué à la renommée de la ville comme cité de la culture populaire, imaginative et libre : l
es frères Di Rosa, Hervé (1959) et Richard (1963). Ces deux frères, inspirés par la culture B.D., baignés dans celle du Rock n'Roll et de la contre-culture du graffiti ont pour ami Robert Combas, une autre jeune personnalité locale qui fera sa place dans le paysage de l'art. Hervé, l'aîné, "monte" faire des études aux Arts-Déco à Paris.
Quand il produit ses premiers tableaux, le cadet, sculpteur autodidacte, les met en volume, à sa manière. Même quand chacun mènera sa carrière propre et qu'ils se sépareront, les deux frères seront bien reconnaissables à travers leurs œuvres.
Hervé et Richard Di Rosa, avec Robert Combas, François Boirond et Rémi Blanchard, ont été les artisans du mouvement "Figuration Libre" lancé dans les années 80 sans réelle préméditation ni théorisation.
En 2000, Hervé crée à Sète le MIAM,
le Musée International des Arts Modestes, selon l'idée qu'il y a matière artistique dans les objets industriels, dans les "réclames" et les emballages des objets du commerce, dans les produits quotidiens, un peu à manière d'Andy Warhol et ses boîtes de soupe Campbell's.
Le MIAM présente dans son exposition permanente des amoncellements d'objets usuels des années 60, 70, 80 et organise des expositions temporaires sur des thèmes comme les pavois des jouteurs, les armes, les coquillages et les crustacés, le catch A ne pas rater lors de l'escale de Sète !
Le MIAM, 26 quai du Maréchal de Lattre de Tassigny, Tel 04 67 18 64 00.
ET CHEZ LES COPAINS
Il y a des dizaines de galeries d'art à Sète
. Chaque année, à la place de magasins abandonnés ou de garages recyclés, des artistes créent des lieux où chacun passant dans la rue peut les voir travailler, parler, acheter
Dans le quartier de la rédaction de Cabotages.Coastwise, le bas du Quartier Haut au pied de l'église Saint Louis, deux adresses :
Le Grain de Sel, où l'illustrateur du journal, Michel Léo Ménela expose ses œuvres d'inspiration maritime et piscicole, fraîches comme du bon poisson et gaies comme celui qui le dévore (3 rue des Trois Journées),
et la Galerie Garenne (22 rue Garenne) où Isabelle Pétillaud, sculptrice, et Joël Grandmaison, peintre, font et exposent des travaux très délicats. Isabelle organise aussi des stages de sculpture.

















