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Bons baisers de Marseillan

Marseillan : port du vin, patrie du vermouth

Arrivée à Marseillan


Marseillan est l’un de ces petits ports sans prétention qui ont su se développer sans perdre leur âme. Peu de place en été, mais en arrivant tôt, on peut en goûter les saveurs.

 

Le Phare des OngloutsLa tramontane, le marin ou le grec peuvent bien souffler, aucune houle ne se lève sur le bassin de Thau. Les planches à voile et les kitesurfs envahissent le plan d’eau où s’ébrouent tout l’année des Optimist, des Hobbie Cats et toutes les flottilles des écoles de voile du coin qui profitent de ce site privilégié. Bien sagement dans le chenal de navigation où circulent les pénichouettes (pénichette est un terme déposé, saviez-vous ?), nous avons longé le domaine des ostréiculteurs et, tout au fond sud-ouest de l’étang, se dissimule le port de Marseillan. Nous arrivons de Sète, où les ponts nous ont ouvert la voie de la ‘‘petite mer du Languedoc’’il y a une heure. Nous serons à temps pour l’apéritif d’huîtres sur les quais avant le dîner au calme chez Philippe dans la rue derrière.

Avec un bateau de plus de trois mètres de tirant d’air, il n’y a que deux autres moyens d’y arriver : soit par le canal du Rhône à Sète (pont-levant à Frontignan) qui débouche à Balaruc, ou celui du Midi, tout à côté à la Pointe des Onglous signalée par une tourelle blanche à chapeau rouge. La marque de la première chance de la ville. Avant que les grands ports comme Sète ou Port-la-Nouvelle ne soient construits, une partie du trafic se faisait par les étangs. Celui de Thau, profond et d’une quinzaine de kilomètres de long était une importante voie abritée, parfaite pour les grosses barges peu marines.

Malgré les manigances des Consuls et évêques d’Agde qui mettaient des bâtons dans les roues de son développement pour protéger leur propre port, Marseillan a prospéré sur ce trafic jusqu’à ce que les progrès de la marine de cabotage ne viennent prendre les marchés. Coup de chance, peu de temps après la construction du port de Sète en 1666, la décision fut prise de faire déboucher le canal du Midi dans le bassin de Thau. Du coup, au lieu de péricliter, ce petit bourg allait devenir le second port de l’Hérault à la fin du XVIIIe siècle. La deuxième chance pousse sur les vallonnements que l’on voit au nord derrière les tables à huîtres : la vigne. Noilly Prat
Au Second Empire, alors que le capitalisme industriel se développait à grand pas, la viticulture devenait une monoculture d’exportation, bâtissant d’immenses mas viticoles dans toute la région. Sète devenait le premier port pinardier de la région et la première tonnellerie du monde. Marseillan servit alors d’intermédiaire de transport entre les zones de production et Sète, fabriquant aussi quantité de tonneaux avec les bois arrivant d’Europe de l’Est.
La troisième chance se voit quand nous entrons dans le port après avoir franchi son entrée un peu alambiquée... Les chais !


Presque tous transformés aujourd’hui en maisons d’habitation, en boutiques ou en restaurants, ils sont l’évidence d’une intense activité, bien au-delà de la simple batellerie ou de l’artisanat tonnelier. L’époque était industrieuse. Les entrepreneurs cherchaient une plus-value locale, pas seulement à créer un service de négoce. Cette plus-value ne pouvait se faire que sur le vin local qui arrivait ici en quantité. Il fallait à la nouvelle bourgeoisie des produits nouveaux, des saveurs originales. Le tourisme d’élite commençait à se développer sur la côte méditerranéenne. En Europe, en Amérique (avant la prohibition), le marché des vins et spiritueux explosait avec le développement des transports maritimes et ferroviaires. Marseillan avait une carte à jouer. Elle s’est appelée vermouth et a permis de conquérir le monde. Nous entrons dans ce port-couloir. À gauche, la capitainerie à clocheton dont on dit qu’elle serait la plus petite du monde construite en dur ! La première moitié du port, plus large que la seconde, marque des creusements successifs qui ont fait gagner de la place sur les marais pour offrir des concessions aux négociants. En été, les pénichouettes s’empilent contre le quai fait du basalte du volcan d’Agde.Bateaux au port de Marseillan On s’amarre plutôt côté droit, sur le quai des pauvres. Pauvreté toute relative. Comme le dit l’historien Albert Arnaud, « ici les fortunes se faisaient et se défaisaient tout aussi rapidement ». Rive est, se trouvaient entre vingt et trente entreprises, alors que la rive ouest ne comptait que deux très grandes sociétés, Voisin et Noilly-Prat. De chez Voisin, après la grandeur et la décadence de son apéritif Mignon, il ne reste que le ‘‘château’’, massive maison patricienne aujourd’hui propriété d’un privé belge et dotée en rez-dechaussée d’un restaurant coté. Voisin avait fait sa fortune en achetant en Grèce des raisins secs qui permettaient de poursuivre la production de son Mignon alors que la pénurie et la ruine frappaient la région, en pleine crise du phylloxéra. La rue de Corinthe, juste à côté du château, témoigne de cette astuce - autorisée - qui est devenue plus tard une fraude quand la viticulture a redémarré. Ce fut d’ailleurs une des causes du 1907 aux cris de « à mort les fraudeurs ».


Marseillan pays du VermouthDe Noilly-Prat, qui avait choisi les lieux de production des cépages Picpoul et Clairette pour faire son célèbre Dry, il reste d’immenses chais toujours en pleine activité et qui méritent d’être visités.
Les amarres passées, une heure suffit pour faire un tour rapide de la ville. Son architecture porte la marque de cette ancienne prospérité : une mairie monumentale, un opéra à l’italienne qui mériterait un bon rafraîchissement, des maisons que l’on décorait de marbre. L’église Saint-Jean-Baptiste et son orgue du XVIIe siècle, comme la place du marché couvert méritent le détour.
Mais coule aussi ici du sang républicain : place de la République se trouve la première Marianne jamais érigée en France, dès 1878, en souvenir de la résistance des Marseillanais contre le coup d’État, en 1851, de Louis Napoléon Bonaparte, devenu Napoléon III. Que reste-t-il aujourd’hui ? Un village intact plein de charme qui s’ouvre aux vacances sans paillettes à une industrie touristique et nautique respectueuse, à une gastronomie - à boire et à manger - qui poursuit sa route tranquille sur les traces ouvertes par les anciens.

 

Pour faire court, une escale qu’on aime

 

James Bond et la salle des secrets

Bond .... James Bond

James Bond n’a pas été seulement au service secret de Sa Majesté. Il a aussi a été le meilleur représentant du vermouth français dans le monde. Il est vrai que la vodka (russe) a été associée à cette promotion en compagnie d’une paire d’olives de Méditerranée, mais le Martini cocktail a détrôné le scotch whisky dans les Casino Royale du héros de Ian Fleming. Vous avez dit ‘‘Martini’’ ? Sachez qu’en anglais, martini est un terme générique qui désigne non pas la marque italienne mais tous les cocktails à base de vermouths. Le martini de l’agent 007 était un Noilly Prat, boisson inventée à Marseillan.

 

La mode des vermouths a connu son apogée dans les années de l’entre-deux guerres et jusque dans les années soixante-dix. De très nombreuses marques se sont développées autour de recettes jalousement gardées, comme une certaine boissons gazeuse d’aujourd’hui.  L’un des plus connus grâce à une publicité d’avant-garde se qualifiait de ‘‘tonique’’ grâce au quinquina. Avec modérationMais la recette du premier a été inventée en 1813 par Joseph Noilly, herboriste de son métier, puis développée à partir de 1855 avec son gendre Claudius Prat, et, surtout, après la mort des deux fondateurs, par Anne-Rosine Prat, leur fille et veuve, qui fit de l’affaire une entreprise internationale. Personne ne saura ce qui se cache dans la ‘‘salle des secrets’’, mais ce qu’on peut voir est un champ de deux mille fûts traités comme aucun vigneron n’oserait même le penser : en plein soleil, dans du bois sec, fendillé, surchauffé... À cette maltraitance succède un très grand soin dans les mélanges des cuvées, la macération d’une vingtaine d’herbes, le filtrage...

 

Apéritif officiel des clubs de boulistes, ingrédient des cocktails de Truman Capote, Ernest Hemingway, Cary Grant, Franklin Roosevelt, Winston Churchill... c’est aussi un sujet de visite à l’escale.

 

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée