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Destination : Bassin de Sète - 1er jour

Premier jour :
LA BAIE D’AIGUES-MORTES Croisades et années Hippies

 

 

On aurait pu commencer par l’Ouest. Mais on va dire que nous sommes arrivés de la Côte d’Azur, trop saturée à notre goût et que nous recherchions les grandes étendues sauvages du Far-West méditerranéen. Nous avons passé les eaux chargées de l’embouchure du grand Rhône et nous nous sommes jetés dans la gueule du Lion, ce golfe ainsi nommé par les navigateurs antiques qui l’entendaient rugir soudain quand les dents aiguës de ses déferlantes venaient mordre la coque des navires pour en saisir les marins. Disons aussi que nous sommes partis avant l’aube de Port Gardian aux SainPlage de la Baie d'Aigues Mortestes-Maries- de-la-Mer, que Jacobé, Salomé et Sara à qui nous avions brûlé un cierge dans leur église forteresse ont envoyé dans nos voiles une jolie Lombarde ou un Levant Grec, un de ces petits vents portants qui ont séché le pont de la rosée de la nuit et nous ont offert un bord tranquille du petit Rhône jusqu’à la Petite Camargue.
Quinze milles plus tard, nous avons incurvé notre route vers le Nord-Ouest, un oeil collé au sondeur. Au droit du phare et du sémaphore de l’Espiguette, attention ! Alors que la ligne des 4 / 5 mètres régulière permettait de raser la côte basse sans danger, on arrive là dans le monde des sables voyageurs. Si nous avons choisi le sens est-ouest pour cette croisière, c’est aussi que les plus belles lumières vont nous accompagner du levant au milieu de l’après midi pour profiter au mieux du paysage, littoral, cités portuaires et arrière-pays. Mais n’anticipons pas. Il est sept heures et, à peine passée la pointe de l’Espiguette, les pyramides de Téotihuacan nous sautent au visage. Nous sommes des conquistadors, nous avons traversé l’océan et découvrons les merveilles de l’Amérique ! Que tous ceux qui n’aiment pas la Grande-Motte fassent ce chemin, même en voiture, à cette heure où le dieu des Mayas enflamme ces temples du soleil. L’équipage le plus blasé pardonne alors à son capitaine de l’avoir arraché si tôt à la douceur des bannettes. Sur la Côte à tribord, des cavaliers profitent des hauts-fonds pour une première aqua-gym de leurs petits chevaux blancs. Des pêcheurs de tellines ratissent le sable et des échassiers prélèvent leur dîme dans la faune des mares éphémères. Pour nous, c’est l’heure d’un petit déjeuner qui serait autre chose qu’un jus de la veille dans une thermos qui sent le plastique et trois biscuits plâtreux. Direction le premier bistrot de Port-Camargue.

Alors que des chalutiers sortent en horde du chenal du Grau-du-Roi avec l’ouverture du pont levant de huit heures, nous contournons prudemment les bancs de sable qui prolongent, proches de la surface, la pointe de l’Espiguette dans la baie d’Aigues-Mortes. Phare de l'EspiguettePresque face au vent, nous faisons notre entrée dans le plus grand port de plaisance d’Europe (voir l’encadré). Mais si on ne le savait pas, on ne pourrait pas le deviner. D’abord, un bassin où trône le coursier rouge Vache-qui-Rit (Bel) de Kito de Pavant, puis la capitainerie qui veille sur le passage vers ce curieux port dont le plan en lamelle de cervelle (ou de brocoli...) fait oublier le gigantisme. Quais et pontons traditionnels alternent avec des marinas “maison+bateau“ dans un entrelacs de presqu’îles, formant quantité de petits ports, évitant ainsi l’effet visuel d’une immense forêt de mâts. Urbanisme nautique réussi, mais architecture moins intéressante que pour l’autre cité de Jean Balladur, la Grande-Motte. L’éloignement de Montpellier rend plus difficile une vie permanente. Port-Camargue, malgré ses efforts pour rester animée hors-saison, reste une cité balnéaire largement saisonnière quand sa cousine d’en face est devenue une annexe  de la capitale régionale. Café-croissants avalés, nous repartons. Direction un mouillage-baignade en baie d’Aigues-Mortes. La baie est peu profonde. En attendant la prochaine ouverture des ponts de midi, nous pouvons jeter l’ancre dans la petite anse entre la sortie de Port-Camargue et l’entrée du chenal du Grau-du-Roi. Rien de romantique, sauf pour le plaisancier dont l’imaginaire se laisse porter par l’histoire.
Ce plan d’eau abrité où s’ébattent aujourd’hui des machines de course en carbone a connu des embarcations plus primitives. Les Gaulois y avaient une activité intense de pêche en mer, de saunaison dans les marais, d’élevage dans les bois qui couvraient la région à cette époque. Ces pinèdes fourniront un peu plus tard le bois et la résine pour construire et calfater les galères des Romains. Une baie comme celle-ci était précieuse. La côte rectiligne du golfe du Lion n’offrait que peu d’abris sûrs. Pour interrompre la plage, grande pourvoyeuse d’épaves, il n’y avait que des baies aux fonds incertains qui ont fini par se boucher, créant des étangs auxquels on n’accède plus que par les graus, ouvertures naturelles également capricieuses dans le cordon littoral. Quant aux fleuves côtiers comme le Tech à Argelès, l’Hérault à Agde, le Lez à Palavas ou le Vidourle ici, trop paresseux l’été pour lutter contre le sable que la mer déposait, ils étaient trop furieux l’hiver pour amarrer en sécurité des navires à leurs berges.

 

Le Grau-du-Roi : escale fruits de mer

Des marins Phéniciens aux aménageurs du XXe siècle, chacun a cherché à construire des ports pour sécuriser la navigation et s’assurer des places fortes, militaires ou commerciales. Les Grecs investirent l’embouchure de l’Hérault, les Romains l’étang de Bages, les Sarrasins Maguelone, Colbert Sète et Louis IX (Saint Louis) Aigues-Mortes. Cette baie avait déjà l’avantage de tourner le dos aux pires tempêtes qui sévissent ici, celle d’Est / Sud-Est. Les vents de terre, plus violents, n’y lèvent pas de houle. L’heure passant, les seules vagues sont celles des de dizaines de vedettes qui lèvent un clapot contre lequel aucune crique ne protège.Phare rouge
Le mouillage devient inconfortable, nous levons  l’ancre et faisons route vers l’étroit chenal et la charmante ville du Grau-du-Roi.  Autrefois à draguer continuellement, le canal a maintenant des appontements pour les petits métiers de pêche et une jolie collection de vieux gréements. Les vidourlades font moins de dégâts ici qu’à Sommières et c’est presque un long fleuve tranquille qui nous fait traverser la ville entre ses deux populations : rive droite, les Le Quesnoy ici appelés Tonkinois et, rive gauche, les Groseille, ici qualifiés de Calabrais... (voir “Le Grau-du-Roi, deux rives, deux vies“ in Cabotages Magazine N°2, été 2011). Nous profitons du privilège qu’offre un bateau classique chez ces amateurs de belle marine pour nous amarrer devant la mairie, à couple des catalanes pimpantes et sautons Quai Colbert. Là, à la terrasse de l’Aquarium, devant l’un des meilleurs plateaux de fruits de mer de la baie, nous regardons passer les canards et les bateaux des autres sur le canal. Vers quatorze heures, le soleil est au zénith et la vision vers l’Ouest n’est qu’un scintillement. Parfois, du fond de la baie d’Aigues-Mortes, on peut voir, à cent milles au Sud-Ouest, la chaîne des Pyrénées jusqu’au cap de Creus et, les beaux jours d’hiver, le mont Canigou couvert de neige. Au coeur de l’été, les légères brumes de mer ne permettent que d’entrevoir deux sommets, le mont Saint-Clair de Sète et, à seulement trente milles, le mont Saint-Loup d’Agde. Ne pas confondre avec son quasi homonyme : à vingt kilomètres au Nord-Ouest à l’intérieur des terres, le Pic Saint-Loup est un amer pour tous ceux qui naviguent le long de la Camargue. De là, on ne voit pas son vertigineux à pic tourné vers le Nord-Est et il apparaît comme une crête sombre arrondie. On distingue mieux son voisin l’Hortus dont la falaise blanche se dresse au milieu des vignobles qui ont redonné leurs lettres de noblesse aux vins de la région. Deux témoins calcaires de l’ancienne mer, quand eau et terre étaient inversées. Phare vertDeux pyramides qui ont aussi permis à Jean Balladur d’ancrer son projet d’architecture dans le paysage familier du nord de  Montpellier'. Dans le même axe, à tribord, la Grande-Motte qui ce matin était de la couleur des flamants est maintenant d’un blanc d’aigrettes, oiseaux immobiles parmi les dunes au pelage roux. Du milieu de la baie, c’est une muraille découpée aux angles vifs et aux contrastes forts. Mais au milieu de la ville, dès qu’on aura passé le port, ses zones techniques et ses parkings, ce sera un labyrinthe de jardins et de parcs où vit une  faune opportuniste. Le phénomène est si remarquable qu’une association écologiste1 y organise des visites guidées. La Grande-Motte sera notre étape de ce soir. Nous entrons dans ce port où il est facile de manoeuvrer et où l’on s’amarre entre des pieux. Avec seulement 1.500 places, il paraît grand à côté de son voisin d’en face, Port-Camargue, pourtant fort de  ses 4.500 anneaux.

 

 

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée