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Destination Québec ... 2ème jour : Sept-îles, le fer et la fourrure

SECOND JOUR : SEPT-ÎLES, LE FER ET LA FOURRURE

 
Le “Bella” a navigué plus de onze heures sans qu’on s’en aperçoive vraiment. Là où est notre cabine, vers l’avant, presque aucune vibration ne parvient. Avec une légère brise de trois quarts arrière, une petite houle s’est formée qui fait légèrement rouler le bateau, mais pas de quoi déployer les ailes anti-roulis.
Ici, le jour se lève peu après cinq heures et c’est dans la grisaille que nous découvrons au loin la côte Nord de l’estuaire du Saint-Laurent, appelée Basse-Côte. La nuit a vu le ciel se couvrir et le pont est trempé d’un grain dont nous n’avons pas eu conscience tant le sommeil a été profond dans le cocon douillet de la cabine. Une des 7 îlesLes premières des sept îles apparaissent et se rapprochent, laissant voir des rochers ronds, usés par les vagues et la glace, des forêts de conifères et de bouleaux, quelques maisons de bois au bord de plages de sable rougeâtre. Nous apprendrons plus tard que cette couleur est due à la présence de minerai de fer. Ceci expliquant cela, le port de la ville de Sept-Îles se signale d’abord par les tapis transbordeurs de son port minéralier, couleur de rouille dans la brume froide de notre arrivée. Quand on aime les ports, on aime aussi ces ambiances à la Simenon, à mille milles de La Croisière s’amuse...
 
LE CHEMIN DE FER DU FER
 
En arrière du quai de chargement, des rails et des wagons, le point d’arrivée d’une ligne de chemin de fer mythique, construite en 1954 quand fut découvert le gisement ferrugineux de Shefferville, à 576 kilomètres à l’intérieur des terres, à la limite du Labrador. C’est le plus grand gisement de fer du Canada, particulièrement riche en minerais de toutes sortes. En quatre ans, 7.500 ouvriers ont posé les rails de ce chemin de fer qui a bouleversé toute la vie alentour, tant le long de la ligne qu’à ses deux extrémités.
La mine, au bout du monde, en pleine nature de bois, de lacs et de rivières à truites, a créé une ville à partir de rien et, sur la côte, le petit village de Sept-Îles, qui n’avait que quelques centaines d’habitants, s’est enrichi de 27.000 Septîliens. Parmi eux,  3.000 Innus, nom des “Premières Nations” (on ne dit plus Indiens, ni même Amérindiens) dans cette région du Québec. Car, bien entendu, l’arrivée soudaine et massive de l’ère industrielle dans les forêts où les Innus (prononcez Innous) vivaient de la chasse, principalement au caribou, et de la pêche, a été un bouleversement complet.
La métallurgie a connu des crises mais aujourd’hui le train est toujours un lien précieux entre la côte et l’intérieur, même s’il ne va plus aussi loin qu’avant. Les Québécois qui ont des chalets sur son tracé indiquent l’endroit où ils veulent descendre sur leur ticket qu’ils remettent au contrôleur. Et, au retour, ils font du “train-stop” en bord de voie. À cinquante à l’heure de moyenne, le convoi s’arrête facilement...
 
LE VIEUX POSTE DE TRAITE
 
Nous débarquons pour trois heures d’escale pendant que la grue du Bella transborde ses conteneurs. Les voitures, elles aussi, chacune dans son conteneur, sont empilées sur le pont et débarquées par la grue.
À côté du port de commerce, un grand terre-plein où se côtoient navires de pêche et bateaux de plaisance en hivernage à sec. Ici, la pêche dure trois mois. Les derniers bateaux qui travaillent encore en cette mi-septembre sont ceux qui pêchent la crevette d’automne et le crabe des neiges, sorte d’araignée de mer. Bientôt, ils vont eux aussi se mettre à terre, la neige va les recouvrir et, plus au nord,  la mer va geler, au moins au bord.
Marion Martin, notre guide du bureau de tourisme de Sept-Îles, nous conduit au Musée Régional de la Côte Nord où nous rencontrons Steve Dubreuil, grand pêcheur de truites, coureur de bois et de lacs, mais surtout anthropologue, spécialiste des Innus. Il va nous raconter une autre histoire, bien antérieure à l’âge du fer de Sept-Îles et nous conduire au grand marché de la fourrure, le Vieux Poste de traite, à la sortie de la ville.Sur un petit promontoire en bord de mer a été reconstitué ce que depuis les marins Grecs antiques aux négriers d’Afrique en passant par les Indes et l’Amazonie, on appelle ailleurs des “comptoirs” : lieux de négoce et d’échanges entre les autochtones qui apportent des produits de l’arrière-pays et les étrangers qui les achètent et les chargent sur des navires pour les revendre, plus loin parfois outremer. Au Québec, c’est un poste de traite (même racine que l’anglais trader).
 
 
MONNAIE DE CASTOR !
 
Celui de Sept-Îles a été un très important lieu d’échanges depuis 1673 et a connu son apogée dans les années 1840. C’est cette période florissante qui a été choisie pour reconstituer le poste, là où les archéologues en ont retrouvé les vestiges. C’est un petit village, avec son église, les entrepôts et la maison du commis (chef de poste), la boutique où s’échangeaient les peaux contre les produits alimentaires venus d’ailleurs et les objets manufacturés dont les chasseurs étaient friands : couteaux et racloirs de fer, plus efficaces que les silex taillés pour préparer les peaux ; mousquets, plomb, moules à balles, poudre à fusil pour la chasse ; haches, scies et ustensiles divers pour la vie quotidienne dans les forêts de l’intérieur ; pipes, cartes à jouer, bijoux (perles de verre de Murano !) et étoffes, etc. Les échanges se faisaient sans monnaie. L’unité de valeur – la monnaie étalon – s’appelait une “plue” (déformation de pelure, pelage...), c’était une belle peau de castor, la fourrure préférée.  Une peau de ragondin pouvait valoir un huitième de plue, deux peaux de renard une demi-plue, etc. Le commis, expert en la matière, était le juge qui évaluait la valeur des peaux.
Sur le site se trouve aussi des habitations indiennes traditionnelles, petits tipis ou tentes collectives en écorce de bouleau. En été, les Innus venaient passer quelques mois au bord de la mer pour pêcher ou chasser le phoque. Ce n’étaient pas des marins, mais avec leurs canoës en écorce, ils pagayaient parfois fort loin, jusqu’à la rive en face, au-delà de l’horizon, avec une halte dans l’île d’Anticosti où notre navire, le Bella Desgagnés, n’arrivera que huit heures plus tard, à 12 noeuds de vitesse de croisière... Pas navigateurs ? Sacrés rameurs, en tout cas. Nous y allons, bien plus confortablement, pour faire escale à Port Menier, la seule ville de cette île grande comme la Corse, au beau milieu de l’estuaire. Mais il fera nuit. Nous attendrons le voyage de retour pour y descendre et raconter une autre histoire où il sera question de chocolat et de bêtes sauvages....
 
 
 
Textes et photos de Djinn et Christophe Naigeon
 
 
 

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée