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Destination Québec ... 8ème jour : Retour à Rimouski

HUITIÈME JOUR :  DERNIÈRE NUIT À BORD,

RETOUR À RIMOUSKI

Après un nouveau passage nocturne à Sept-Îles, le Bella a fait sa dernière traversée avant de boucler la boucle. Onze heures et demie de pleine mer pour parcourir les 133 milles nautiques qui séparent à cet endroit les deux rives. Le fleuve commencé à se resserrer mais notre cap en biais nous fait parcourir une distance équivalente à la traversée des île d’Hyères au Cap Corse.

 
 
DE NUIT, DANS LA BRUME, SUR LA PASSERELLE
 

Sur la passerelle, il fait nuit, dedans, dehors. D’un côté de la baie vitrée des écrans – radar, cartographie, contrôles du navire... – et de l’autre, la nuit, la pluie, la brume. Autant dire qu’on ne voit rien. Pourtant, pour le commandant en second, Jean-Charles Le Blanc, de quart quand nous montons après minuit, c’est le trajet le plus tranquille. À part quelques minéraliers qui longent la côte Nord, le coeur de l’estuaire est vide. Cet homme tranquille a fait 1.500 fois le trajet en 46 ans de carrière. Il en connaît chaque caillou dirait-on si tous les cailloux étaient connus,car, dit-il « chaque année les servicesLe poste de pilotage du Bella Desgagnés hydrographiques en découvrent de nouveaux qu’ils ajoutent sur les cartes. La Basse-Côte Nord est trop peu fréquentée par les navires de commerce pour avoir intéressé les cartographes... ». Les récifs cachés sont le premier danger.

Lui, qui a commencé sans les instruments modernes d’aide à la navigation, a appris peu à peu, en ouvrant les yeux. Toutes les navigations près des côtes et les approches se font à vue. Surtout en hiver quand le courant du Labrador fait descendre vers le sud les énormes glaçons venus de l’Arctique et que les vents d’Est les poussent vers ce dédale d’îlots et de récifs où ils se coincent, ajoutant encore des pièges aux obstacles permanents.

Robin Kelleher directeur de la compagnie raconte « la première fois que j’ai navigué ici l’hiver, je me suis demandé comment ils faisaient. On ne voit que du blanc. Blanc clair et blanc foncé ! » .

 
ROCHES, GLACES, VENTS, LES TROIS DANGERS
 

Les deux ports les plus difficiles sont La Romaine et Harrington Harbour. Surtout quand il y a du vent. Et ici, la météo est très changeante, nous avons eu l’occasion de nous en apercevoir. Lorsque nous avons accéléré pour éviter une dépression vers La Tabatière, Instrument de navigationnous avons échappé à un coup de vent à 50 nœuds et une mer forte. Dans ces cas-là, impossible d’approcher. « On fait des huit au large en attendant une accalmie » explique François Nadeau, le capitaine.

Et pourtant, le Bella est équipé pour les manœuvres délicates. François Nadeau précise : « il possède un système de propulsion que l’on retrouve seulement sur certains très grands navires de croisière qui craignent d’entrer dans des ports trop petits ». Pas de gouvernail, mais quatre propulseurs (des “jets d’eau”, pour faire court), capables de tourner à 180°. Si on ajoute deux puissants propulseurs d’étrave, le Bella peut virer sur place, se déplacer en crabe, en diagonale avant et arrière... Tout ça, sans barre à roue, juste un genre de joystick. Il y a même un système automatique qui permettrait de laisser faire l’électronique pour atterrir. Tenant compte du vent et du courant, il peut vous mettre votre bateau à quai pendant que vous dormez. À condition d’avoir une couverture GPS avec la précision militaire, ce qui n’est pas le cas ici. En fait, on préfère avoir quelqu’un à la passerelle !

Il y en a un autre qui veille avec son équipe, c’est Simon Leblanc, chef mécanicien. Il nous fait visiter son domaine : le clou du spectacle, c’est quatre générateurs diesel neuf cylindres auxquels sont associées quatre turbines qui produisent de l’électricité pour les moteurs des propulseurs. Avec ça, on manœuvre avec très peu d’inertie et on avance souplement à 12 nœuds de croisière. Pas la peine d’aller plus vite avec de si courtes escales, la plupart du temps.

 
VISITE DES PROFONDEURS DU NAVIRE
Dans les entrailles du navire
 

Simon a fait le convoyage du bateau d’Italie où il a été fini (après une construction en Croatie). « On s’est pas mal fait brasser pour la traversée de l’Atlantique, mais ça a permis de guérir presque toutes les maladies de jeunesse du Bella et de se rendre compte que c’est un bon bateau » raconte-t-il. Nous ne l’avons pas testé dans des conditions très difficiles, mais avec 30 nœuds de vent et des creux de deux à trois mètres, les stabilisateurs antiroulis maintenaient le Bella presque à plat.

L’équipe de Simon contrôle tout dans le bateau : la ventilation, la climatisation, la circulation de tous les fluides, la station d’épuration (pas de rejets d’eaux usées), le désalinisateur (7.000 litres d’eau par jour, sans aucun goût désagréable)... Le Bella est écologique et autonome.

 
LE BATEAU DES RIVERAINS DE LA BASSE-CÔTE NORD
 

« C’est le bateau des habitants de la Côte » insiste Robin Kelleher. « Nous avons une mission de service public, la continuité du territoire, pour laquelle Transports Canada (Ndlr : le ministère) nous subventionne en partie. C’est cela notre première raison d’être. Certains disent que nous sommes contre l’idée d’une route. Pas du tout. Plus la Basse-Côte Nord du Saint-Laurent se développera, plus nous aurons de travail », poursuit-il.

Un travail qui changera un peu sans doute, plus tourné vers la croisière classique et le Fin du voyagedéveloppement touristique. Dès à présent, la compagnie Desgagnés réfléchit à contribuer, éventuellement avec d’autres opérateurs, à une sorte de chaînage des villages de la côte qui permette à chacun de développer des formes de tourisme adaptées.

D’autres y pensent aussi. Alberte Marcoux, directrice générale d’une association de développement touristique “durable”, la coopérative Voyages CoSte, fait partie de ces partenaires solidement ancrés dans le territoire : « L'industrie touristique est à ses premiers balbutiements sur la Côte-Nord plus particulièrement en Minganie et en Basse-Côte-Nord.  Notre objectif est de faire du tourisme une industrie durable soit en respect avec notre culture et notre environnement et ce, non pas sur une période de 6 à 8 semaines d’été  mais à l'année longue.  L'objectif n'est pas d'amener des autobus de 46 personnes toutes les semaines mais plutôt de petits groupes conscientisés sur l'authenticité du milieu lesquels veulent vivre des expériences en lien direct avec qui nous sommes ».

C’est bien le sentiment que nous gardons après cette tournée qui n’était pas une croisière touristique. Elle le deviendra peut-être peu à peu, sans jamais perdre sa vocation qui est de relier au monde les villages les plus petits et les plus isolés.

 

Voilà, le voyage prend fin. Merci de l’avoir fidèlement partagé avec nous. À bientôt pour de nouvelles aventures

 
 
Djinn et Christophe Naigeon
Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée