Porquerolles : une pépite parmi les Iles d'Or
Les îles d'Or sont trois filles légendaires de l'Olympe : les Stœchades. Porquerolles, Protée, est la première. Pour les plaisanciers et les touristes qui viennent par la navette, c'est, malgré la foule de l'été, un enchantement pour l'œil et un haut lieu d'intérêt pour l'amateur d'histoire, de botanique et d'œnologie.
Porquerolles est l'aînée des Stœchades. Les Grecs l'ont appelée Protée, la Première. A trois milles de la presqu'île de Giens, elle se déploie comme une chauve souris qui aurait 3 km de long pour une envergure de 7 km.
A 15 milles de Toulon, venant par la Petite Passe, doublés dans un bel éblouissement le Petit et le Grand Ribaud puis le Petit Langoustier, le port
de 600 places accueille les plaisanciers sous la double vigilance du puissant Fort Sainte Agathe et de sa jolie capitainerie de bois. Avant d'entrer dans le port, un dernier coup d'œil loin sur bâbord vers le cap des Mèdes, dentelle de cailloux en équilibre. Au-delà s'ouvre la Grande Passe vers Bagaud, Port Cros et le Levant qui boucle l'archipel : Insulae Areaum, les Iles d'Hyères.
A 15 milles de Toulon, venant par la Petite Passe, doublés dans un bel éblouissement le Petit et le Grand Ribaud puis le Petit Langoustier, le port de 600 places accueille les plaisanciers sous la double vigilance du puissant Fort Sainte Agathe et de sa jolie capitainerie de bois. Avant d'entrer dans le port, un dernier coup d'œil loin sur bâbord vers le cap des Mèdes, dentelle de cailloux en équilibre. Au-delà s'ouvre la Grande Passe vers Bagaud, Port Cros et le Levant qui boucle l'archipel : Insulae Areaum, les Iles d'Hyères.
Située pile sur le 43e parallèle à hauteur de la pointe du cap Corse Porquerolles est l'escale la plus méridionale de la côte provençale. Elle concentre les navigateurs qui ne viennent que pour elle et les ingrats qui ne font que passer, sur la route d'une autre île de beauté
LES CARAIBES
Située pile sur le 43e parallèle à hauteur de la pointe du
cap Corse Porquerolles est l'escale la plus méridionale de la côte provençale. Elle concentre les navigateurs qui ne viennent que pour elle et les ingrats qui ne font que passer, sur la route d'une autre île de beauté
Protégée des vents les plus violents, les plages et les criques de sa face nord offrent au navigateur d'incomparables mouillages forains. Mais, attention, ces "eaux caraïbes", bercent une côte escarpée, pas toujours accore, quasiment inabordable sur sa face sud.
Si, côté sud, on arrive très vite sur des fosses marines, côté baie d'Hyères on reste sur le plateau continental avec des fonds d'une cinquantaine de mètres. Les bâtiments qui ont sauté sur des mines lors de la seconde guerre mondiale y sont autant de sites de plongée. Les autres navires naufragés, en bois, garderont leur mystère. Ils ont débarqué jadis leurs lots de moines, de Sarrasins ou de pirates, car chacun en son temps a abordé ici pour construire, prier ou piller, quelquefois pour y déposer un trésor. Comme les Grecs y ont laissé le plus beau, le plus riche et le plus durable en plantant la vigne sur cette terre convoitée.
Mais, avant de vous précipiter vers les caveaux des domaines de l'Ile, de La Courtade ou de Perzinsky, apprenez encore qu'une reine, Marie de Médicis, s'est arrêtée à Porquerolles que les Anglais ont occupée malgré ses forts "à la Vauban" (mais pas de lui).
A partir de 1912, François-Joseph Fournier, l'Homme de Porquerolles, et le travail d'anciens soldats de Napoléon III, de veuves de guerre, de descendants de Lorrains, de pêcheurs Italiens et autres enfants de la maison de correction ont dessiné le village et les paysages agricoles qu'on peut désormais sillonner, à pied ou à bicyclette.
VISITEZ L'HISTOIRE
Une fois le bateau amarré, pour se baigner ailleurs que dans le port ou fuir la foule du village, il faut prendre son sac, de bonne chaussures ou un vélo. Un conseil, partez vers huit ou neuf heures du matin, à la fraîche, et surtout avant que le gros des 10.000 visiteurs quotidiens n'ait débarqué de la navette
Porquerolles offre une arborescence de chemins qui permettent de découvrir les sentiers
escarpés et les paysages tourmentés de la face sud, mais également les quatre plaines et les nombreux forts.
Le plaisancier, tour à tour caboteur, cycliste ou randonneur a ainsi le privilège de saisir les reflets de cette perle du patrimoine naturel. L'île a été acquise pour sa plus grande partie par l'Etat en 1971 et placée sous la protection du Parc National de Port-Cros et du Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles. Ce dernier propose de mai à octobre la visite guidée des jardins et vergers de collection. Cette exposition permanente de plein air permet d'admirer des spécimens de palmiers du monde entier.
Vignes, figuiers ou eucalyptus apportent la fraîcheur de leurs ombrages aux ascensions vers les forts. Ces ouvrages militaires, bâtis au XVIe et XVIIe siècle, offrent au regard la rade d'Hyères, toujours d'une beauté saisissante, le matin dans la lumière ou dans le contre-jour du soir. Ils invitent aussi à en visiter l'histoire.
En découvrant ces merveilles on se prend à regretter l'époque où il était possible d'acheter un tel bijou pour un million et cent francs, comme François Joseph Fournier, après enchère à la bougie
Emma Chazelles
La légende des stœchades
Extrait (p 291) du livre L'Homme de Porquerolles
, par William Luret, Ed J.C. Lattès, 1996 :
« Tous les reflets du bleu. Comme les yeux, peut-être, de l'aînée des trois filles de Stœchos, roi de ces rivages heureux. Elles étaient si belles et fières, ces sirènes, qu'on les appelait les filles d'or, car chacun en rêvait, mais nul ne pouvait les posséder. De la côte, on les regardait nager, nues, auréolées d'argent et de perles, jusque loin dans la mer accompagnées par les dauphins. Un jour que leurs corps sculpturaux voguaient ainsi dans l'eau d'azur, des nefs de pirates surgirent à l'horizon et s'emparèrent des trois beautés. De sa tour de la presqu'île, le roi Stœchos vit le drame. Il se prosterna et implora les dieux de sauver ses filles du sort horrible qui les attendait. Tout son peuple l'imita, éperdu de douleur. Du haut de l'Olympe, les immortels s'apitoyèrent. Alors, à bord des nefs, ls filles de Stœchos sentirent leurs membres se durcir, leur corps grandir démesurément, se minéraliser au point que les vaisseaux des pirates éclatèrent et sombrèrent sous le poids de cette métamorphose. Au large du rivage, trois îles apparurent, orgueilleuses, vierges, farouches et douces. Au loin, la plus intrépide, l'île du Levant ; Port Cros la secrète suivait, et, en arrière, l'aînée, la préférée qui semblait tendre encore les bras vers son père hurlant son désespoir en haut de la Tour Fondue, Porquerolles. »

















