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Érosion côtière

Adieu, lidos et plages
Faute d’alluvions, les rivages disparaissent


Sable, sable à perte de vue ! D’Argelès à Martigues, vous naviguez le long de plages et de dunes qui ont fait la fortune touristique du Golfe du Lion. Mais vents, vagues et béton pourraient bien modifier le trait de côte si on ne trouve pas rapidement des solutions.

 

De cap Cerbère au golfe de Fos, il n’y a que 5 % de côtes rocheuses. Le reste est constitué de 35% de rivages artificiels et, surtout, de 60% de rivages sableux qui, comme dans bien des régions françaises, ne sont pas épargnés par l’érosion marine. Le vent, la mer et l’homme l’attaquent sans cesse : 22% des côtes sont déjà victimes de l’érosion. C’est visible à l’œil nu. Et cela devrait s’accélérer.

 


Qui est coupable ?

Il y a, bien sûr, le changement climatique naturel à l’échelle géologique, sur des milliers, des millions d’années. Mais, à l’échelle du temps humain, la réduction des surfaces agricoles et l’urbanisation, les dragages et les barrages hydro-électriques sur le fleuve et ses affluents sont les premiers responsables : il y a 100 ans, les bras du Rhône charriaient chaque année environ 30 millions de tonnes de sédiments. Aujourd’hui, trois à quatre fois moins. Là dessus, au maximum un demi million de tonnes finiront sur les 250 km de côtes du Golfe du Lion, soit à peu près un mètre cube par mètre linéaire ! Une goutte d’eau dans la mer, en quelque sorte... Le reste s’accumule à l’embouchure, formant les hauts-fonds que redoutent ceux qui doublent les bouées de Roustan.

 


Pourquoi faut-il réapprovisionner sans cesse la côte en sable ?

Nous l’avons tous remarqué, d’un jour à l’autre, notre plage familière ne semble jamais être la même. Vents et vagues en sont la cause.
Le sable vole entre plage et dune au gré des vents, de leur force, de leur fréquence et de leur orientation. Un coup de Mistral ou de Tramontane prendra le sable sur la côte et le jettera à la mer. Emporté par les courants littoraux, il ne sera jamais rapporté, même quand se lèveront l’Autan ou le Marin. En cas de coup de mer, les rouleaux rongeront la plage jusqu’aux dunes. La détérioration de la végétation dunaire facilitera ce travail de sape.


Il n’en va pas tout à fait de même pour les lidos. Si ces cordons sableux naturels entre mer et lagune sont tout aussi attaqués par les tempêtes, les vents de terre leur apportent du sable. Malheureusement, les aménagements réalisés sur les bassins versants des fleuves, les constructions et les infrastructures routières ont rompu l’équilibre vent-vagues.


Peut-on agir pour éviter cela ?

Remplacer le Rhône en apportant des milliers de tonnes de sable en camion ne peut être qu’une solution ponctuelle, valable sur de petites plages de ville. À grande échelle, cela ne pourrait se faire qu’au risque de voir disparaître le milieu naturel.
Alors, à défaut de rendre au Rhône son pouvoir alluvionnaire, tout juste peut-on essayer d’enrayer l’érosion côtière. On a construit des digues, des brise-lames et des épis sur une bonne partie de la côte. Leur efficacité est limitée. Ils tendent seulement à éviter que le littoral ne recule trop. À condition de les entretenir car les vagues creusent par dessous et ces empilements de blocs de roche ou de béton s’effondrent. De gros «boudins» remplis de sable sont testés depuis quelques années. Ils présentent l’avantage d’épouser la forme mouvante du fond, de ne pas se disloquer et de rester efficaces lorsqu’ils ont été recouverts de sable.


Alternative aux interventions lourdes, on a vu fleurir les ganivelles en bordure de nos plages. Ces palissades en bois de châtaignier disposées en casiers sur les dunes présentent un double avantage : elles interceptent le sable transporté par le vent et préservent la dune contre le piétinement en partie responsable de la disparition de la végétation. En certains endroits, ce système est complété ou remplacé par du fascinage : des bois morts amenés et déposés par la mer lors des tempêtes sont placés dans des brèches où s’engouffre le vent. Ces dispositifs légers et écologiques ont des résultats visibles. Un premier étage de ganivelles a été souvent recouvert de sable et un second a été réinstallé par dessus.


Certains aménagements publics peuvent aussi être corrigés. Reculer de plusieurs centaines de mètres routes et parkings accélérateurs de vent pour laisser un cordon dunaire se reformer en bord de plage est une pratique qui tend à se généraliser. L’usager doit contribuer par une petite marche à pied à ce qui fait le charme de ses vacances et le contribuable payer un peu pour maintenir en vie la poule aux œufs d’or.


Hélène Petit
 
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