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Fonds de Marseille

LA RADE DE MARSEILLE
Des dessous riches et profonds


La baie de Marseille, ses îles et ses calanques avec le Planier qui veille en bon gardien sur cette baie dont les fonds regorgent d’épaves. Pas étonnant ! La géologie s’en est mêlée et sous l’eau, le paysage est à l’image du littoral, découpé et contrasté.


Lorsqu’on vient de Camargue et qu’on franchit le golfe de Fos, on change de monde. Après des milles et des milles de côte plate et sableuse, on aperçoit des reliefs rocheux et le sondeur indique des profondeurs qui dépassent enfin 15 à 20 m. Pourtant, les apparences sont trompeuses.Vu sous un autre angle, on n’a pas vraiment quitté le golfe du Lion.

 


Si l’on enlevait le bouchon au fond de la Méditerrannée pour la vider, on verrait bien que l’on est toujours dans les mêmes types de fonds que devant les Saintes Maries de la Mer : le grand plateau continental qui se prolonge loin en Provence.

 

Pour s’en faire une idée, il suffit de tracer une ligne de Cadaquès en Espagne à Cassis en France, à quelques milles nautiques près. C’est, en plus irrégulier, un "bord de marche" au-delà duquel, en allant vers le sud-est, on plonge rapidement vers -1.000 ou -1.500m. 

 

En longeant la côte de cap Couronne (Carro) au Bec de l’Aigle (La Ciotat) on se trouve sur un "trottoir" de plus en plus étroit. À Marseille il est encore large, mais passé les Goudes, il se rétrécit. Dans les calanques et aux abords de cap Canaille, on navigue au-dessus de pentes et de canyons de plus en plus abrupts pour arriver, devant Toulon, à rendre fou notre sondeur. Secret militaire…

 

Autre changement : on passe d’ouest en est du calcaire blanc à des roches cristallines. Sous la mer, on passe du royaume des gorgones à celui des mérous. Si donc on délimite une zone triangulaire qui va de Carro à La Ciotat avec la pointe au phare du Planier, on trouve de tout.

 

À l’ouest,le plateau continental accidenté recouvert par des vases sableuses ou argileuses mélangées à des sables et des graviers du large. Des têtes de roches forment des écueils sous-marins, des dalles et des sortes de rigoles creusées dans le calcaire qui émergent sur cette vaste surface sous-marine.
À environ 9 milles au sud du port de Marseille, l’isobathe est de 200 m pour atteindre des fonds de 1.000 m avec un talus abrupt à 12 milles.
Une crête rocheuse sous-marine relie le Cap Croisette à l’écueil du Planier et de la Pierre à la Dague, vestige d’un paysage émergé lors de la dernière période glacière. L’îlot du Planier constitue la partie émergée d’un haut-fond tabulaire culminant à -12 m parcouru par un réseau de galeries et de grottes. C’est le "sec du Veyron".
Le canyon de Cassidaigne débute par un large cirque aux parois abruptes où les fonds atteignent rapidement - 400 puis - 800 m. Au sud, ils descendent à -1.500 m.

 

Vers Marseille, le sondeur indique -35 m. Il fut une époque lointaine où on faisait le chemin à pied au milieu des pingouins.
À chaque période glacière, le niveau marin a baissé, la mer s’est retirée découvrant le plateau continental. Il y a 19.000 ans, la mer se trouvait à 135 m plus bas. Le plateau était émergé jusqu’au grands canyons de Planier et de Cassidaigne. Il était habité par des hommes préhistoriques. La remontée des eaux s’est amorcée 5.000 ans après, lentement puis avec des phases d’accélération. Les calanques ont été façonnées quand le niveau était à -110 m. La dernière remontée a été assez rapide pour conserver sous l’eau un paysage façonné dans le calcaire avec de nombreuses grottes. La mer a ainsi protégé des centaines de sites préhistoriques.
La grotte Cosquer, sanctuaire préhistorique majeur découvert au cours de l’été 1991 par un plongeur de Cassis témoigne de la présence des hommes préhistoriques dans la baie de Marseille. 

 

Les peintures sont intactes au-dessus du niveau actuel de la mer. Au sol, on trouve des vestiges faits d’objets (lamelles de silex) ou de traces (marquages de concrétions, mouchages de torches, boulettes de glaise malaxées puis rejetées, raclage au doigt de l’argile). Des charbons parsèment le sol et des petits foyers d’éclairage. Cette grotte aurait été occupée il y a 27.000 ans. Mais la plupart de peintures et des gravures de chevaux, les plus abondantes, de bouquetins et de chamois, de bisons et d’aurochs, de cerfs et grande originalité de cette grotte, de phoques et de pingouins témoignent de la présence de l’homme à une seconde période, environ entre 18.500 et 19.500 ans. On y trouve aussi des représentations chamaniques et de sexe. L’entrée de la grotte serait submergée depuis 70.00 ans.

À quand le tour de la Canebière ?


Hélène Petit et Christophe Naigeon

 

 
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