Port Camargue station ultramoderne
Surgie des sables vierges en 1968, Port Camargue, ville amphibie, se voue entièrement aux activités nautiques. Elle est aujourd’hui premier port de plaisance européen à la renommée mondiale.
Premier port de plaisance d’Europe.
« On peut affirmer que Port Camargue est le premier port de la Suisse » déclare Bernard Suzzarini, responsable de la communication et de la promotion de Port Camargue. Cette ville aquatique entièrement dédiée au nautisme voit le jour à la fin des années 60, produit de la "Mission Racine" (Mission Interministérielle d'Aménagement Touristique du Littoral Languedoc-Roussillon).
Au départ, celle-ci n’inclut pas le Gard. Mais l’ensablement du Grau du Roi (Port Camargue est un quartier de cette commune) provoque la décision d’aménager une digue. Le maire du Grau et la CCI de Nîmes décident d’un commun accord de l’implantation de Port Camargue. À construire une protection, autant en profiter pour développer un port plaisance. Nous sommes dans une époque où les décisions locales priment sur la régionalisation.
Voilà donc 240 ha de marais à draguer pour un projet des plus ambitieux, une ville aquatique, constituée de marinas où l’on circule autant par voie d’eau que par voie terrestre. Les travaux débutent en 1969 sous la direction de l’architecte Jean Balladur (il est également responsable des plans de La Grande Motte). Ils durent dix ans.
Au départ sont prévus 2.500 marinas et 4.500 appartements. Les postes à quai sont au nombre de 4.650, aujourd’hui 5.000. Port Camargue se déploie sur une superficie de 140 ha dont 78 ha de plans d’eau. Avec une profondeur de trois mètres minimum.
« Port Camargue reçoit plutôt des bateaux de moyenne plaisance, de 16 à 22 m. Ses 30 % de clientèle étrangère en font le premier port d’Europe. Ces touristes viennent essentiellement du Luxembourg, de Suisse, de Belgique et d’Allemagne » explique Bernard Suzzarini. Il poursuit : « L’axe rhodanien leur permet d’accéder rapidement à la station. À titre d’exemple, Genève se trouve à 3h30 de Port Camargue. » L’aéroport de Nîmes et des compagnies low-cost ajoute à l’intérêt de l’endroit pour les étrangers.
Pour les navigateurs, Port Camargue se situe idéalement à égale distance de la Corse et des îles Baléares. C’est, par coup d’Est sur la Camargue, le seul abri où l’on peut entrer sans risque car la pointe de l’Espiguette protège ce qui s’appelait autrefois la Baie du Repos. Mais attention aux bancs de sable au virage de l’Espiguette ! Passez loin du bord avant de vous engager dans la passe.
La station a réussi son pari. Plus d’ensablement au Grau du Roi et elle arbore une belle fréquentation.
En outre, elle affiche complet. Les demandeurs d’anneaux sont en liste d’attente. À ceux qui critiquent ce port "tout béton", Port Camargue répond par une collection de "bons points" : elle obtient le Pavillon bleu chaque année depuis sa création et elle se propose ville pilote de l’opération Port propre. Cerise sur le gâteau, 60 entreprises travaillent à l’année sur le site – dont 38 shipchandlers ! – et font de Port Camargue le premier pôle technique en Méditerranée française pour l’entretien des bateaux jusqu’à 30 m.
Mais ce succès n’empêche pas la recherche permanente de développement à travers deux projets. Le premier visse le "contenant" : optimiser et agrandir le port. Le second s’intéresse au "contenu" : développer la location de bateaux mais aussi de kayaks, de jet-skis, d’embarcations pour l’aviron et autres engins flottants de loisir car, comme le fait remarquer Bernard Suzzarini, « Tout le monde ne peut pas s’acheter un bateau ».

Port Camargue souffre aussi d’un hors-saison un peu désertique.
Dans l’esprit de beaucoup, c’est une marina avant d’être une cité portuaire. C’est pourquoi la station cherche à développer une offre toute l’année car ses responsables savent que « C’est souvent déterminant pour le choix des vacances ».
Été comme hiver, Port Camargue continue sur son esprit du départ, être "tout nautisme" et à la pointe de ce qui se fait en matière de nautisme.





