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Destination Charente Maritime - 2ème jour

Second jour :
AIX-ROCHEFORT EN REMONTANT LA CHARENTE


Quand nous quitons l’auberge impériale du bourg d’Aix, la marée et la brise qui va avec ont monté. Les bateaux tout à l’heure échoués sur la vase tirent doucement sur leur coffre, bien alignés face à nous. C’est donc au portant que nous partons sur le Ville de Rochefort , un Gib’Sea 334 du Cercle Nautique Rochefortais. Mer calme, vent force 3 et un ciel bleu où passent de gros nuages cotoneux blancs et gris qui allument et éteignent les couleurs du paysage.Ile Madame
Pour facilier les prises de vues, Olivier Biche, le skipper, n’envoie que le génois. Avec le courant qui pousse dans le même sens, les trente-trois mètres carrés de toile nous font avancer à six-sept noeuds sur le fond, presque sur un tapis roulant. L’eau est café-crème, chargée des limons qui, à marée basse, semblent recouvrir les berges de pâte à tartiner, lisse et brillante. Sur bâbord,  la pointe de la Fumée d’où le Pierre Loti était parti ce matin, nous montre son autre face, la jolie station balnéaire de Fouras (ne pas prononcer le s) et son inévitable fort Vauban qui présente ici l’originalité d’avoir encore des vestiges d’un château du Moyen-âge. Sur tribord, la presqu’île Madame est en train de redevenir une île et une dernière voiture se presse sur la chaussée, déjà recouverte presque jusqu’à hauteur des moyeux...

 

Fort VaubanNous quittons le pertuis d’Antioche pour doubler Port-des-Barques et entrer dans l’estuaire. La Charente, « le plus beau ruisseau du royaume » selon  François 1er, qui, depuis plus de 300 kilomètres, roule ses limons en titubant à travers la plaine fertile qu’elle a dessinée. Avec la mer qui s’engouffre dans l’estuaire, la côte plate défile vite entre les berges qui se resserrent. À voir le sillage que travent les bouées des bateaux au  trois-quatre noeuds. Vite, arrive le joli Fort Lupin et ses murs en fer à cheval dessiné par un élève de Vauban, François Ferry, en 1685. Quel bateau ennemi voudait passer dans ce goulet sans être aussitôt percé à la flottaison par les tirs rasants ou ricochants de cette batterie basse ? D’autres tirs, balistiques, crevaient les ponts sous les boulets...

Cette menace passée, succède un grand espace de nature alors que nous naviguons entre deux haies de roseaux piqués dans les alluvions. À en apercevoir quelques spécimens, on en imagine le peuple de bécasssines et d’avocettes, d’aigrettes, de hérons. Plus loin à terre, quelques nids perchés pour les cigognes noires et, le long des berges, des canards et des cygnes. La vase molle et les marais protègent ce monde d’êtres aussi lourdauds que les humains.Ecluse du port de Rochefort
Les rares que l’on voit ici sont sur les pontons de bois des carrelets qui, comme sur toutes les côtes de la Charente-Maritime, avancent leurs échasses. Certaines cabanes, bien peintes parfois de couleurs vives, sont devenues des maisons de week-end au bord de l’eau. Après la pointe qui porte le nom très méridional de Parpagnole, commence un grand méandre qui  l’axe moins romantique pourtant appelé autoroute des Oiseaux. De l’autre côté de la boucle, nous sommes en réalité derrière Rochefort dont les boulevards les plus périphériques ne sont qu’à quelques centaines de mètres du fleuve. Mais, d’ici, on ne voit rien, on ne se doute de rien. C’est toujours
le silence seulement troublé par le froissement de d’eau sous la coque.

Le petit port et l’église de Soubise (sous le vent) arrivent rapidement et nous revoici au portant, passant devant une petite falaise couverte d’une épaisse végétation d’où émergent encore quelques carrelets et on partagerait bien la table tardive de la famille qui nous salue au passage. Puis surgit le monument Belle-époque de la Charente.

Sa tour Eiffel : le pont transbordeur de Martrou, dernier ouvrage d’art de ce type en France depuis que celui de Marseille a été détruit par les Allemands pour obstruer le port pendant la bataille de reconquête des Alliés.
Le premier construit, en 1898, est encore en service à l’entrée du port de Bilbao en Espagne. Celui de Martrou, construit par Ferdinand Arnodin en 1900 et classé aujourd’hui monument historique, assurait à la vapeur la traversée entre la ville de Rochefort et Echillais. Avec une capacité maximale de 14 tonnes, la nacelle pouvait, en quatre minutes, faire traverser neuf voitures à deux attelages et cinquante piétons. En 1927, deux moteurs électriques prennent la relève.Port de Rochefort
Nous passons sous son tablier de 139,75 mètres, à 50 mètres au-dessus des plus hautes eaux, au moment où la nacelle va repartir avec une voiture et quelques promeneurs. Nouveau méandre vers le Nord-Est qui s’incurve encore un peu plus loin alors  que le port de Rochefort est en vue. Mais le vent ne suit pas le cours du fleuve. Il nous faut finir au moteur et c’est foc enroulé que nous passons devant le Corderie royale et le radoub où va bientôt s’installer l’Hermione (voir en pages suivantes). Malgré le polyester de notre embarcation, c’est une émotion historique que de passer là où tant de grands navires de la marine en bois ont été fabriqués et lancés vers l’aventure.  Nous nous amarrons au ponton flottant qui permet d’attendre l’ouverture de l’écluse vers le bassin devant le Quai aux Vivres et ses nobles maisons. Un chenal relie ce premier port à un second, au coeur d’un quartier moderne, creusé en retirant les remblais
d’un bassin ancien.

La ville blanche nous attend.

 


Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée