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Destination Charente Maritime - 3ème jour

Troisième jour :

OLÉRON-MORNAC EN REMONTANT LA SEUDRE

 

 Mornac sur Seudre

 

C’est au moteur que nous allons faire cette troisième mini-croisière charentaise, d’Oléron jusqu’à Mornac-sur-Seudre, au coeur du bassin ostréicole où nous comptons bien nous faufiler. La première étape nous conduit de Saint-Denis d’Oléron (voir encadré en page de gauche) , le long de la côte Est de l’île que nous voulons observer de la mer au plus près du bord. Dès que nous sortons avec le petit pêche-promenade, nous sommes pris dans une mer courte et sèche. Un petit force 5/6 n’est pas pour faire peur à Ludovic Ménard, de l’école de voile de Saint-Denis, mais nous devons renoncer à la visite prévue au pied du phare de Chassiron, près de la tourelle et du  récif d’Antioche. C’est exactement le genre de météo qui fait renoncer le marin prudent à s’approcher de la côte Nord de l’île, cimetière de bateaux.

 Ostréiculteur

Cap au sud, donc, vent et mer dans le dos, nous longeons la côte qui s’étend devant l’épaisse forêt de pins plantée là pour fixer le sable. Vu de la mer, rien de bien spectaculaire, mais cette première partie de la balade valide l’argument balnéaire d’Oléron :  belle plage, eau claire, côte abritée. Tout y est. Le Douhet, Boyardville, le Château d’Oléron, Saint- Trojan-les-Bains... des ports vivants qui disent chacun un bout de l’histoire, des stations populaires, des escales bon-enfant Oléron joue le genre de carte touristique et nautique que les Anglais et les Allemands amateurs d’authenticité préfèrent à des lieux plus... parisiens. Mais le moment est venu de traverser cette partie de la mer intérieure au confluent des pertuis d’Antioche et de Maumusson, vers Ronce-les-Bains et l’embouchure de la Seudre. Retourner vers les eaux limoneuses, les vasières, les claires ostréicoles.


Changement de monture. De plus en plus plat. Un semi-rigide du club de voile de Ronce-les-Bains mené par Jean-Marc Audouin, amateur de bateaux classiques et responsable local de France Station Nautique. Au milieu de la baie délimitée par le pertuis de Maumusson et les ponts d’Oléron et de la Seudre, un puzzle de voiles rouges, blanches et safran : La Flèche, un cotre ostréicole de Mornac-sur-Seudre qui s’apprête à entrer dans l’estuaire au portant. Ici se croisaient autrefois les bateaux des Santons (tribu de Saintonge) qui appuyèrent les galères de César  contre les Celtes, puis, à travers les siècles, tous les navires de cabotage transportant le sel, le bois, les étoffes, les céréales, la chaux... Un salut au passage à l’équipage du cotre et nous franchissons le pont en direction de la rive droite du fleuve vers le premier chenal : Marennes. Marennes ! un nom de village aussi évocateur que Cognac ou Camembert...

Nous passons au pied du musée La Cité de l’huître et près du chantier naval contigu, à La Cayenne, qui produisit  les célèbres Chassiron, parmi les derniers classiques français.

Nouvelle traversée. Un peu plus en amont, rive gauche, le chenal - dire ici achenau - de la Tremblade. Nous y entrons en même temps qu’une plate, ces chalands en aluminium avec une cabine-abri, un mât de  entasser les poches  et une puissante motorisation qui en fait des sortes de go-fast. D’autres sont au travail dans les parcs. Nous entrons au ralenti dans cet univers aux géométries vertes et noires sur le café-au-lait de l’eau. La Tremblade, tout autant que Marennes, mériterait le nom de capitale de l’huître. Sur le quai rive Ouest, s’alignent les entreprises ostréicoles, les fournisseurs de matériels ou de services à la profession, les lieux de dégustation et de restauration...


Au fond du chenal, un ancien moulin et l’écluse qui, dans chaque achenau, sert à l’effet ‘‘chasse d’eau’’ qui consiste à créer une retenue en amont pour la vidanger brusquement dans le chenal, emportant ainsi l’excédent d’alluvions vers le cours du fleuve. Une alternative au dragage mécanique.

Pied à terre. Jean-Marc nous conduit à moins d’un kilomètre de là, sur un petit promontoire. De là - chose rare dans une région aussi plate - on peut faire une lecture globale du panorama : devant, du blé et des vignes, au fond, le plat pays des claires ostréicoles. Au milieu coule la Seudre avec une voile blanche qui passe au milieu de la campagne. Retour sur les achenaux. Mornac

Après Arvert, Étaules et Chaillevette, trois piquets assemblés en teepee portent un écriteau sommaire : ‘‘Mornac’’.
Contrairement aux achenaux ostréicoles ‘‘rectifiés’’ précédemment visités, celui de Mornac-sur-Seudre serpente au milieu des marais. Végétation de prés salés, échassiers, canards. Les premières centaines de mètres sont de pure nature.
Puis arrive la première cabane ostréicole sur pilotis, avec sa barque amarrée en-dessous, tantôt flottante, tantôt posée sur la vase. Bientôt, c’est une rue semi-lacustre qui se dessine devant nous, version professionnelle et rustique de la marina maison-pieds-dans-l’eau-et-bateau-devant. Jaunes, vertes, mauves, rouges... les cabanes ne sont pas habitables - c’est interdit - mais, de hauts lieux de convivialité et d’amitié. Jean-Marc nous arrête devant une cabane amie. Dans la souille, long bout-dehors relevé, son beau cotre aurique de 1958 à coque bleue : Cocosio II qu’il restaure avec l’amour des amateurs d’Old Gaffers. L’intérieur de la cabane est fait pour pêcher, rêver, recevoir des amis, partager un casse-croûte, quelques coquillages, une bouteille. Un luxe d’art de vivre.
Nous repartons pour le dernier petit bout de l’achenau. Mornac-sur-Seudre, bout du voyage. Mornac-sur-Seudre, un charme tout-temps

 

Mornac-sur-Seudre, un charme tout-temps.

Kayak sur la SeudreÀ l’entrée de Mornac-sur-Seudre il y a un feu médiéval, ancêtre de phare, lanterne sur bras à balancier. Un lieu exploité depuis les alentours de l’An Mil, malgré les marais impaludés. Insalubrité qui en fit une terre d’accueil pour les réfugiés : Arabes d’après la bataille de Poitiers qui ont laissé leur empreinte sur le plan des ruelles, Huguenots pendant les Guerres de religion. Les catholiques y ont aussi laissé leur trace avec une très belle église du XIIe siècle (pour l’essentiel).
Une zone riche et stratégique aussi, convoitée par les Anglais pendant la guerre de Cent ans et quiEglise de Mornac fit l’objet de plusieurs sièges. Ajoutez un marché couvert en pierre blanche, un moulin à marée, des quais qui rappellent qu’il y eût ici un important chantier naval au XVIIIe siècle et les vestiges d’une corderie à la longueur réglementaire de trois cents mètres et vous aurez une idée de l’histoire riche et du charme indéniable de cette petite cité ostréicole labellisée ‘‘plus beau village de France’. Dès que l’achenau s’élargit avec la marée, des dizaines de kayaks s’élancent. Le soleil va bien à ce paysage, mais le blanc des maisons autant que les couleurs bariolées des cabanes composent d’autres tableaux par mauvais temps.

 

 

 

Cabotages magazine, créateur du Nautourisme, revisite le nautisme et le tourisme côtiers en Méditerranée