Destination Espagne
29 JUILLET : ENTRE PORT-LA-NOUVELLE ET CERBÈRE
42°,55'N – 3°4'E
Départ à 8 h 30 direction Cerbère, profitant d'un petit créneau météo entre coup de vent et orages annoncés. Nous naviguons sous génois et tapecul. Temps gris, nuages de mauvaise augure. Bravo l'été de Méditerranée... Premier coup de vent à La Franqui, patrie de Henri de Monfreid, paradis du kitesurf et autres plaisirs de l'aéro-nautique.
Passons le cap Leucate et saluons l'équipage du sémaphore qui veille sur tous les marins (voir notre livre Sémaphores de Méditerranée sur la boutique du site cabotages.fr). Ces gens-là sont nos anges gardiens. Merci à eux.
Surprise, juste après le Cap Leucate, entre nous et la falaise de calcaire, à moins d'un mille de la côte, une grande famille de dauphins en train de prendre son petit déjeuner dans les filets des pêcheurs, nombreux dans le coin... Trop occupés à ce festin offert, ils ne viennent pas jouer avec nous, comme de coutume. Décidément, il y en a de pus en plus et de plus en plus près du bord. Tant mieux pour nous, mais on imagine la tête des pêcheurs quand leurs filets... Autrefois, ils étaient tirés au fusil. Les thons aussi reviennent en nombre, de plus en plus gros chaque année. Un moratoire, même partiel, de la pêche a permis d'intervenir à temps pour que le stock revienne à un beau niveau, en tout cas autant qu'on puisse en juger en causant avec les pêcheurs sportifs.
On verra aussi un superbe barracuda sauter près du cap Cerbère. Là aussi, les anciens pêcheurs du coin n'en reviennent pas : ils n'avaient jamais vu dans leur enfance ni barracudas, ni dorades coriphènes qui sont maintenant fréquents du côté de la réserve marine de Cerbère-Banyuls.
À QUAND LES PHOQUES-MOINES ?
Reverra-t-on un jour les phoques-moines qui pullulaient autrefois en Corse et en Sardaigne où ils se prélassaient eu soleil sur les rochers ? Pour leur malheur, ces gros mangeurs de poissons, concurrents des pêcheurs, sont aussi patauds à terre que redoutables nageurs en mer. Trop facile aussi de les tuer à la carabine ! D'autant plus que la graisse de phoque se vend bien.
Fin de digression. Revenons aux poissons de chez nous. Si certains prospèrent, en revanche, les anchois et les sardines, et même les maquereaux, sont en nette baisse. Dévorés par les dauphins et les thons ? Pêchés trop petits par les pêcheurs ? Cycle biologique ? Tout ensemble ? Le débat reste ouvert entre des "experts" dont l'objectivité est trop souvent inversement proportionnelle à leur intérêt personnel...
BÉAR, FIDÈLE À SA RÉPUTATION
Bref, nous poursuivons notre route avec la pluie qui vient, le vent qui monte (travers, puis largue) et la houle qui se forme fait saucissonner notre étroit voilier au cul serré. Au cap Béar, ça commence à bastonner, avec une mer croisée.
Quand nous arrivons à Cerbère, à peine avons-nous amarré le bateau et protégé tout ce qui peut l'être que ça se met à tomber dru et à tonner fort.
Le temps de faire sécher les cirés, on vous raconte cette escale de Cerbère qui n'a rien à voir avec les Enfers, bien au contraire.

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