Destination Espagne
10, 11, 12 AOÛT - BARCELONE :
LE MEILLEUR ET LE PIRE
41°21'N – 2°11'E
Si le terme de Nautourisme® inventé par Cabotages a un sens, c'est bien dans une ville-port comme Barcelone où on peut avoir son bateau au cœur de la cité. Le premier matin, bien évidemment, on commence par le plus proche : la Rambla principale qui va de la statue de Colomb à la place de Catalogne. Le but : se balader dans cette ville à l'architecture un peu folle (parfois carrément) où l'on comprend que Gaudi a pu construire une chose aussi incroyable (belle ??) que la Sagrada Familia.
Nous avions de la Rambla un souvenir hivernal quand nous étions venus chez notre imprimeur espagnol pour la sortie du premier numéro du trimestriel Cabotages. Mais là, autour du 15 août, ce n'est plus un boulevard où flâner en regardant à gauche, à droite et en haut pour apprécier les constructions qui le bordent, mais un fleuve où coule à double-sens une masse épaisse de touristes. On ne voit rien, on slalome entre des gens qui ne regardent qu'à travers leurs téléphones portables pour s'entre ou s'auto-photographier et se poster immédiatement sur les réseaux... Ainsi, non seulement ils ne voient (difficilement) qu'une ville où 80% des gens sont des touristes (80% des 20% restants sont des serveurs étrangers), mais encore la regardent-ils sur un écran minuscule.
QUITTEZ LES RAMBLAS !!!
Tout le centre de Barcelone est ainsi une immense cohue étrangère qui navigue entre les marchands de souvenirs et les restaurants-usines-à-tapas dotés de rabatteurs qui vous abordent avec des menus-photos comme devant les strip-teases de Pigalle à la grande époque... Horreur des horreurs !
Un peu moins pire, le marché couvert. Bondé lui aussi, et très cher, mais il est possible sur certains étals, d'y trouver à manger des choses un peu originales (comptoir bio, par exemple). Évitez les restos sous les arcades, surtout le soir.
On file à la Sagrada Familia. Toujours en travaux. On comprend vite qu'il y a deux heures d'attente (pour une fois qu'il y a du soleil !) pour avoir la chance d'une réservation… Les visiteurs avisés qui ont réservé par Internet montrent leur ticket dur leur téléphone portable. Pitié ! On s'engouffre dans le métro.
OUF, ON PEUT S'ÉCHAPPER !
Pourtant, comme à Venise, il suffit de faire quelques centaines de mètres à gauche ou à droite de ces autoroutes piétonnes pour découvrir des quartiers autrement plus sympas et tranquilles. Nous avons particulièrement aimé le Bari Gothic, qui raconte une grande partie de l'histoire de la ville, de l'Antiquité à la Renaissance. Ruelles étroites, architectures mélangées dans un joli bric-à-brac de souvenirs pieux et laïcs.Et des souvenirs parfois guerriers, comme la place de l'église de Sant Felip Neri où quarante enfants qui s'étaient réfugiés dans les souterrains de l'église moururent à cause de la déflagration d'une bombe de l'aviation franquiste, en 1938. La façade de l'église porte les marques des impacts.
QUELQUES BONNES ADRESSES
Plus gai, partout des petits bars à vin, à tapas, à toutes sortes de choses, infiniment meilleures et moins chères. On a retenu en particulier l'Oviso, sur la place Geroge Orwell (c'est pas beau ?), très agréable, aérée, avec une aire de jeux pour les enfants et de jolies maisons autour. Ce bar chaleureux offre de très bons et très frais produits. On y dîne pour moins de 15 €.Autre endroit, plus près du port, place Duc de Medinaceli, Le Grand Torino Garage café. Un endroit original, au calme devant un beau jardin. Et, pas loin de là, 19 rue Josep Anselm, le Guru, délicieux bar à cocktails qui sert aussi des petits plats pour ne pas tomber raide.
À éviter à tout prix, les "4 Cats" enseigne pseudo Montmartroise sauce catalane :
on y sert des choses hors de prix, pas fraîches, qui semblent combler les groupes d'Asiatiques qui s'y rendent pour le folklore. De toute manière, ils ne reviendront pas.Ce qui n'est pas notre cas, car on aime beaucoup Barcelone qui mérite mieux qu'une visite rapide en pleine saison. En réponse à notre article publié le soir même sur Facebook, l'un de nos "amis" – mais un vrai, de Sète – il faut être maso pour venir à Barcelone au 15 août. Il a raison. Il faut y prendre son temps, dans les beaux jours de l'arrière ou de l'avant-saison. Il y a des trésors à découvrir pour qui sait chercher. Et aussi de remarquables musées où flâner intelligemment hors des hordes : les musées historiques de Barcelone, de Catalogne et d'Histoire juive de la ville.
Djinn et Christophe Naigeon, Cabotages

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