Destination Espagne
1er AOÛT – PORTBOU, CIGARETTES ET AIR DES MONTAGNES
42°25'38"N - 3°09'48"E
Venant de Cerbère, Portbou, c'est vraiment un saut de puce. Sauf par mauvais temps, quand ça souffle fort au cap Cerbère, presque aussi redoutable que le Béar ou le Creus. Entre deux phases de mauvais temps (un coup de marin, un coup de tramontane) dans un des rares créneaux de temps estival, nous faisons une courte escale à Portbou, non sans avoir hissé les couleurs de l'Espagne et de la Catalogne le long du hauban tribord.
Cerbère a une histoire ferroviaire, Portbou a presque la même, pour une raison identique : un lieu où les marchandises devaient non seulement transiter mais être transbordées à cause d'un écartement des voies différent. Portbou signifie "port des pêcheurs", mais pour des raisons qui diffèrent : “bou” peut désigner soit les barques, soit les boules qui font flotter les filets, soit les bœufs qui tirent les barques sur les plages... Un souvenir d'Hercule qui traversa les Pyrénées avec un troupeau de "bious" noirs dont certains, plus loin sur son chemin, sont restés en Camargue ?
LE BON AIR DES MONTAGNES
Sans remonter à l'Antiquité, l'histoire de Portbou a commencé au Xe siècle avec la construction du monastère de Sant-Quirze-de-Colera. Et, après la décadence de l'économie ferroviaire et frontalière à partir de 1936 – la même que pour Cerbère –, la ville cherche à se relancer avec la plaisance et un port tout neuf.
La baie très fermée de Portbou est un bon abri par tous les vents sauf venant de la mer. Il y a là de bons mouillages par beau temps. Quant au port, il est tout à fait moderne, costaud, plus sûr en toute saison que Cerbère, mais un peu en dehors de la ville.
Soyons clairs : Portbou n’est pas une ville touristique pour les plaisanciers, contrairement aux amateurs de promenade en montagne pour qui le massif des Albères est une très belle alternative à la mer. Pour atteindre le Parc naturel, il faudra prendre un car ou un taxi pour la marche d’approche, mais, sans aller jusque-là, les escarpements qui se trouvent juste derrière la ville sont déjà impressionnants.
PLAGES, CALANQUES…
Une jolie promenade est aussi d’aller vers les plages, choses rares dans ces contrées de rochers abrupts. Les eaux y sont particulièrement claires et propices à l’exploration et à la chasse sous-marines. Les deux principales sont la Playa de Claper à laquelle on accède par des escaliers escarpés.
La Playa Gran est la plus courue par les vacanciers et c’est par elle qu’on accède à une plage de naturistes à qui ont été réservés… des galets. Les Fresses sont une sorte da calanque, un petit mouillage à la frontière française d’où la vue est très belle.
La gare de Portbou est un monument par sa taille dans un aussi petit bourg. Comme de l’autre côté de la frontière à Cerbère, elle est chargée d’histoire, au temps où les incompatibilités d’écartement des voies entre la France et l’Espagne rendaient indispensables les transbordements de marchandises.
ET CONTREBANDE…
Sans aller si loin, il est intéressant de s’y promener dans les ruelles, de sentir l’ambiance déjà typiquement espagnole alors qu’on vient à peine de quitter la France, de flâner sur les petites places et de s’arrêter aux terrasses de petits cafés populaires où on ne vous assassinera pas avec l’addition.
Et aussi, pour les intoxiqués, un peu de contrebande de cigarettes car les prix – sans être ceux de la principauté d’Andorre un peu plus loin au-dessus – sont attractifs pour les français. Mais attention aux quantités importées sur votre bateau si vous n’avez pas un go-fast de trafiquant professionnel… Et encore, le sémaphore de Béar vous remarquera !













