Les EX-VOTOS de Saint Paul
Une histoire des accidents de la vie et des naufrages
C’est un magnifique livre d’images que la collégiale Saint Paul de Hyères.
Quatre cent trente deux tableaux tapissent ses murs et racontent la vie quotidienne des Hyérois, du XVIe siècle à nos jours. Ce sont les "Ex-voto suscepto" (selon le vœu formulé), autrement dit les ex-votos que les pieuses personnes ont offertes à la vierge Marie ou aux saints pour les remercier de les avoir sauvés ou d’avoir épargné un membre de leur famille ou un de leurs proches de la maladie, d’un accident, d’une guerre, d’un naufrage…
La collection de Saint Paul de Hyères est l’une des plus qui existent en Provence. Beaucoup sont des images très naïves, certains sont de vrais tableaux d’artistes, tous sont touchants et, surtout, ils constituent une extraordinaire bande dessinée sur la vie quotidienne au cours des quatre siècles passés.
Peu remontent à l’Ancien régime. La révolution est passée par là, mais, surtout, le temps a fait son œuvre, détruisant ces objets populaires dont les supports n’avaient pas la qualité de ceux qu’on accordait aux chef-d’œuvres. C’est surtout au XIXè siècle, alors que la religion revenait en force, que la pratique a repris. Le pic s’est trouvé entre 1830 et 1875.
Montez jusqu’à la collégiale, d’abord parce que la vue y est très belle, ensuite parce que le bâtiment lui-même et son environnement architectural méritent l’effort, enfin parce que cette chronique de "l’accidentologie" du passé est passionnante. Noyades, chutes, accidents de charrettes, de voiture ou de chasse semblent avoir été de véritables fléaux.
Et les naufrages ! Même si les ex-votos représentant des accidents maritimes sont relativement peu nombreux (6%) ceux-ci valent qu’on s’y arrête. Les peintures marines y sont les plus belles. Ce qui explique en partie leur petit nombre car les voleurs savent depuis longtemps que ceux-ci ont une haute valeur marchande. Leur nombre augmentant à partir de 1825, on peut mesurer le développement considérable des échanges maritimes au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Avant, la société était essentiellement rurale et la navigation a été longtemps freinée par les différents blocus imposés par la flotte anglaise.





