Ancres et chaînes, ennemies des fonds marins
Mouillages : Ne pestez plus contre les bouées !
Ne le niez pas, cela vous est arrivé au moins une fois : vous remontez l’ancre et, à la charrue, pendent des paquets d’herbes vertes. Des posidonies que vous avez arrachées du fond. Sans parler des gorgones. Ou, pire, des Caulerpa Taxifolia, l’algue tueuse qui se répand en se repiquant d’un mouillage à l’autre.![]()
Que l’on détruise les bonnes ou qu’on aide à la prolifération des mauvaises, le résultat est le même : les fonds sous-marins sont malades de nos mouillages. Les socs arrachent les racines, les chaînes fauchent les feuilles des herbiers, qui offrent abri, gîte et couvert à de très nombreuses espèces qui y vivent et s’y reproduisent.
Sur les sols rocheux ou les éboulis, le mécanisme n’est pas le même mais le résultat est identiquement catastrophique pour la flore et la faune qui vit accrochée à la roche, principalement la famille des coraux.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, il ne suffit pas d’interdire les ancres et de les remplacer par des bouées sur corps-morts.
C’est même parfois pire : pour 10m de fond, autour du bloc de béton immergé, 2m de chaîne dormante de diamètre de 20 plus 25 m de chaîne de 14 assurent un rayon d’évitage en surface d’environ 23m. Au fond, le cercle totalement ravagé la chaîne a au moins 15m de rayon.
TIRE-BOUCHON OU PLAQUE VISSÉE
Les ancrages écologiques, qu’ils soient adaptés aux sols meubles ou durs, au sables ou aux herbiers, reposent tous sur le même principe : une fixation définitive non agressive et l’absence de chaîne ou de cordage au niveau du sol. Une bouée de fond, située à environ un mètre du fond, maintient l’amarre verticale. De là repart une seconde portion de l’amarre qui mène à la bouée proprement dite, en surface. Outre le fait que le rayon d’évitage réduit de moitié permette une densité d’amarrage plus grande, l’intérêt réside dans le système d’accroche dans le sol.
Sur le sable, c’est une grande tige, comme une vis à large hélice, qui est enfoncée et résiste à un effort de plus de 3 t, soit l’équivalent d’un corps mort de 6 t de béton. Sur la roche, c’est une platine en inox boulonnée par des tirants scellés (0,1 m2 pour un bateau de 20m) . Dans les posidonies, c’est un tire-bouchon de large diamètre, qui est enfoncé délicatement et qui ne détruit ni le substrat ni les racines, gardant à la végétation son intégrité et au sol sa résistance physique.
Un seul ancrage, dans la matte vivante, supporte un effort de près de 2,5 t (un voilier de 50 pieds soumis à un vent de force 10 génère une traction de 1,5 t seulement).
Depuis dix ans, les ancrages écologiques ont fait leurs preuves. Alors, plaisanciers, ne râlez plus quand on vous fait payer 5 ou 10 € une nuit sur un tel mouillage !

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