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Croisière

Les Fjords de Provence. Les Abers de Norvège. Les Calanques de Bretagne. Tout cela pourrait se dire si ce n’était la crainte de passer pour un fada. Car ce qu’on pourrait encore appeler des Rias sont ces profondes vallées creusées par des fleuves ou des glaciers alors que le niveau des océans était au plus bas, et envahies ensuite quand est remontée la grande marée géologique. Excursion commentée à travers les calanques.

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Un devinette pour commencer : savez-vous pourquoi l’eau des calanques est toujours plus froide qu’ailleurs sur la côte ?

Les Calanques

C’est que de nombreuses sources sous-marines y apportent en abondance de l’eau venue de loin dans l’arrière-pays par les tuyaux parfois énormes du "réseau karstiques" : des failles, des fissures dans les blocs de roche qui constituent les massifs de Provence. Ce sont les fantômes invisibles des anciens fleuves puissants qui ont creusé les calanques jusqu’à ce que la mer les envahisse, il y a environ dix mille ans.

Gardée au frais dans les profondeurs de la terre pendant des semaines, des mois et parfois bien plus lorsqu’elle vient de lacs souterrains, cette eau douce jaillit à une température plus favorable à l’anisette qu’à la baignade.

 

Autre question : savez-vous pourquoi des fonds des calanques sont tantôt turquoise, tantôt marine ? C’est selon qu’il y a ou non des herbiers de posidonies. La posidonie n’est pas une algue, c’est une herbe. C’est, dit-on, la version marine – après adaptation – des herbages qui poussaient autrefois, avant que la mer ne monte, et qui servaient de pâturages aux sortes de bisons qui vivaient là, alors que des humains habitaient la grotte Cosquer, découverte au pied de la falaise entre Morgiou et Sormiou. Les CalanquesLes posidonies, aux racines très profondes, constituent une "matte" qui rend résistants à l’érosion les fonds sableux. Elles servent de pâturage aux poissons herbivores, d’abri aux alevins et aux espèces de petite taille, de lieu de vie à des centaines d’espèces d’animaux marins. Arrachée, la posidonie met des années à repousser. Son pire ennemi est l’ancre d’un bateau et sa chaîne qui rague.

Alors, vous aimez faire escale dans les calanques parce qu’elles sont belles ? Jetez l’ancre là où l’eau est turquoise. C’est un moindre mal.

Cela dit, commençons la croisière. Nous venons de quitter la baie et la (seule) calanque de Cassis (Port Miou). Nous faisons route vers Marseille.


 

OULE ET ESSAÏDON

 

Quand vous saurez que l’Oule veut dire le chaudron, vous aurez compris qu’il ne faut pas s’y risquer sauf pétole totale. Dès qu’il y a un peu de vent, d’où qu’il vienne, c’est un enfer. Et regardez ces magnifiques dents verticales, les chicots d’une mâchoire de crocodile qui ne ferait qu’une bouchée de votre coque de noix. A part ça, c’est un endroit d’une saisissante beauté, avec une géométrie rare dans les calanques, où les plis calcaires sont rangés comme les tuyaux d’un orgue.
L’Essaïdon, juste après, n’est pas davantage un mouillage. Il y a là aussi des aiguilles dont l’une laisse passer le jour au ras de l’eau. En passant devant, cherchez ce qui a pu justifier son nom qui vient d’un outil agraire. Quoi qu’il en soit, c’est un très bel endroit où l’on peut passer près de la côte par beau temps, et certainement un beau spot de plongée.

 

DEVENSON, ŒIL DE VERRE, PIERRE TOMBÉE

 

C’est moins une calanque qu’une falaise qui tombe à pic. C’est d’ailleurs un site où les voies d’escalade sont renommées tant la roche est haute (250 m), verticale et compacte. Spectaculaire mais peu accueillant pour un bateau à la recherche d’un mouillage.
Un peu plus loin, après avoir franchi le cap Devenson et l’Anse des Enfers, on arrive à la calanque de l’Oeil de Verre, ainsi nommée à cause d’un gros morceau de quartz (à chercher…). Enfin, on découvre le lieu dit La Pierre Tombée, facile à reconnaître, celui-là. Après cela, on arrive aux calanques où il est à nouveau possible de faire escale.

 

LE SUGITON

 

C’est un cirque grandiose avec d’impressionnantes falaises en hauteur qui dominent un glacis végétalisé de pins et de garrigue "léopard". En bas, une toute petite calanque aux eaux transparentes entre les rochers blancs et une plage minuscule où un pin d’alep fort gracieux se penche pour faire de l’ombre aux quelques baigneurs qu’elle peut accueillir. Pour y mouiller, mieux vaut ne pas avoir un bateau de plus de huit mètres, sauf rester en dehors, exposé à tous les vents. Mais, de toute manière, la calanque de Sugiton n’est abritée que par le cap Morgiou qui, à cette distance, provoque plus de turbulences qu’il n’offre d’abri réel.

Une roche, à l’entrée, s’appelle le torpilleur. Si vous savez pourquoi, écrivez-nous. Il y a là aussi une importante source sous-marine.

 

MORGIOU

 

C’est l’une des "grandes" calanques de Marseille. Elle est habitée toute l’année. C’est, depuis qu’il existe des bateaux, un abri fort apprécié des marins qui se font surprendre par un coup de vent, trop loin de Marseille ou de Cassis pour rallier leur port d’attache. Pas protégée des coups d’est à sud-est, elle l’est admirablement du Mistral et autres vents de terre.

Au cap, Napoléon a installé une batterie avancée pour empêcher que des navires ennemis ne mouillent bien cachés dans la calanque en nourrissant de mauvaises intentions à l’égarhoule d de Marseille.

Au fond, des "cabanons" devenus des villas au fil des années, jouissent d’une position extrêmement privilégiée et disposent d’un petit port en amas de blocs qui cassent les entrées de d’est.

Cette calanque est une belle escale, large, facile à manœuvrer, où l’œil est attiré autant par la beauté des roches, la variété des la végétation et des oiseaux que par la vie des humains qui la fréquentent.

 

SORMIOU

 

Sur la route de Marseille, c’est la dernière escale possible (sauf calme plat et bateau très petit).

Les Calanques

Sormiou est la calanque la plus fréquentée par les Marseillais. Très "civilisée" à cause d’une route qui permet d’accéder jusqu’au bord de mer, elle est restée très sauvage par la faible proportion des maisons par rapport au paysage grandiose qui l’entourent. Sormiou est un bon abri par mistral, comme Morgiou, médiocre voire mauvais par coup de marin.

Là aussi, prenez grand soin de ne jeter l’ancre que dans les zones d’eau turquoise. Elles sont très grandes, hélas. Le reste est peuplé de posidonies où avec masque et palmes, vous pourrez observer une vie sous-marine très riche dans peu de fond.

L’été, il y a vraiment foule de bateaux dans la calanque et on est en droit de se demander quand les autorités responsables installeront des corps morts écologiques pour éviter que les bateaux de labourent ce qui reste de mattes… On nous fera payer, certes, mais ces ancrages verts ont un coût et nos mauvais comportements un prix.

La mer, espace de liberté… Pas celle de tout ravager.

 

CALLELONGUE

 

Comme escale, Callelongue ne peut être mentionnée que pour mémoire. C’est très étroit, il n’y a ni place d’accueil ni possibilité de mouiller. Mais ce couloir en forme de chaussette, juste derrière l’île Maïre, au pied du sémaphore de Marseilleveyre, est un régal de couleurs. Après cette "calanque longue", vous pouvez vous engager dans la passe de la baie des singes avec son restaurant où il vaut mieux venir à pied. Attention, regardez bien la carte marine et votre sondeur, la profondeur remonte autour de 2,5m.

Après, vous arrivez dans la rade de Marseille. Une autre aventure commence.

 

PORT PIN ET EN VAU

 

Mal protégées des vents de sud à est, les calanques de Port Pin et d’En Vau sont des jumelles disposées en Y entre la pointe de Cacau (limite de la baie de Cassis) et l’imposante pointe de Castel Vieil. Pour un mouillage où risque de se lever un vent marin, Port Pin est préférable mais un peu moins belle que sa voisine. Cependant, une fois l’annexe à l’eau, ses bords sont plus abordables pour une promenade dans sa magnifique pinède. Port Pin porte bien son nom.

En Vau (le val) est plus spectaculaire. Étroite, la calanque est aussi profonde. Vous ne pourrez pas filer trois fois la chaîne, sauf tout au fond où il vaut mieux laisser les baigneurs tranquilles. Alors un amarrage supplémentaire à cul dans les rochers est recommandé. En Vau est vraiment un canyon et on comprend bien qu’il y avait là un torrent pour le moins actif. C’est un peu les gorges du Verdon envahies par la mer en l’an 2.367…

À la sortie, la pointe de Castel Vieil est vraiment impressionnante,lisse comme une pâte à modeler, avec ses trous, grands et petits, qui servent de nichoirs à des centaines d’oiseaux.


 
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