Le port de plaisance de Montpellier
Comme bon nombre de ports languedociens, le port actuel de Carnon voit le jour grâce à la mission Racine à la fin des années 60. À l'origine un simple grau reliant l'étang de l'Or à la mer, il est devenu une station prisée avec un port à sec en plus de son bassin.
Le port de Carnon voit le jour dans les années 70, pur produit de la mission Racine d'aménagement du littoral. Sa mission : retenir en France les touristes qui se précipitent en Espagne à travers la construction de stations balnéaires d'envergure.
À l'origine, Carnon abrite quelques pêcheurs le long d'un grau naturel
qui relie l'étang de l'Or à la mer. Les Montpelliérains prisent la station dès la mode des bains de mer au début du XXe siècle. Les familles pique-niquent au Kursaal, le snack-bar de l'époque. Il se situe sur l'avant-port ouest et un immeuble au même emplacement porte toujours son nom. Les enfants pêchent des crabes dans les rochers du canal et plongent du haut des portes. Ces dernières, en bois, servent de barrage anti-sel afin de protéger l'étang. Le port l'a déplacé au fond du canal.
L'inauguration de la première partie du port se déroule en juillet 1970.
Il devient le nouveau centre-ville. Des immeubles poussent comme des champignons, la Civadière, la Madrague, le Saint-Marc… Des lotissements, des villas suivent, de plus en plus habitées à l'année.
« Puis, en août 1979, il s'est enrichi d'un port à sec : le stockage à terre, établi sur la partie Nord du périmètre portuaire, précise Patricia Bendinelli, responsable adjointe, chargée de la gestion administrative et budgétaire du port. Il permet l'accueil de 250 bateaux à moteur (uniquement), limités à 5.60 m maximum, sur trois niveaux de rayonnage, sans supplément de frais de manutention à payer par le plaisancier qui a son navire disponible en 3 mn. Il ne s'agit pas d'un hivernage mais bel et bien d'une autre solution d'amarrage. »
En 1979, Carnon est le second port français à détenir un port à sec. Ce qui explique en
partie son succès immédiat et qui dure encore de nos jours. Avec les 800 postes à flot, Carnon offre en tout plus de 1000 places ! Un rebondissement change le destin de Carnon. Un syndicat, le SYMOCA, regroupe et gère deux ports, Carnon et La Grande Motte. Initialement, il prévoit l'installation du stockage à terre à La Grande Motte.
D'ailleurs, le syndicat fait réaliser les premiers rayonnages sur l'avant-port ouest. Les travaux provoquent un tollé des habitants des immeubles par peur de perdre la vue de la plage et de la mer. Le syndicat suspend immédiatement les constructions. Réflexion faite, il installe le stockage à terre au fond du bassin de Carnon, isolé du territoire carnonnais, pas encore urbanisé en ce temps-là. Pas de gêne pour personne. Depuis, des habitations collectives le cernent, mais qui aurait l'idée de s'en plaindre.
Les demandes affluent et dépassent l'offre.
Le port de Carnon doit sa réussite à sa situation géographique particulièrement favorable. Car il acquiert très vite la réputation d'être protégé des coups de mer (quand on y est, car l'entrée par gros temps est dangereuse). Le syndicat décide de son extension sur les friches ouest du chenal, mise en service en 1981. Entre-temps, l'habitat s'implante sur toute la périphérie du port. Cela paraît difficile à imaginer, mais seulement des petites maisons et des cabanes de pêcheurs bordent la plage, c'est-à-dire l'actuelle avenue Grassion-Cibrand.
Aujourd'hui, les Montpelliérains fréquentent en majorité la station. La particularité de Carnon est de rester vivante toute l'année. Patricia Bendinelli s'enthousiasme : « Vous pensez ! Montpellier est à peine à 10 km ! Alors, autant résider à Carnon, au soleil et à la plage, plutôt qu'au milieu des embouteillages ! »
Aujourd'hui, Carnon compte 3.000 habitants à l'année et reçoit 40.000 touristes chaque été.

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