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Pointe Rouge et littérature

Deux écrivains parlent des cabanons

De la mer, la rade sud de Marseille semble être simplement la plongée dans l'eau des habitations qui déferlent du haut de la ville étendue jusqu'au massif de Marseilleveyre.
Mais , si l'on s'approche, on découvre que dans chaque anfractuosité de cette alternance de plages et de dents de pierre blanche se trouve un village distinct, parfois un petit port, le plus souvent quelques anneaux et trois barquettes.

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Jean-Claude Izzo, Total Khéops,

Éditions Gallimard, 1995 :

Jean-Claude Izzo

« On longe la Corniche, jusqu'à la plage du Roucas-Blanc, puis on continue en suivant la mer. La Vieille-Chapelle. La Pointe Rouge. La Campagne Pastrée. La Grotte-Roland. Autant de quartiers comme des villages encore. Puis la Madrague de Montredon. Marseille s'arrête là. Apparemment. Une petite route sinueuse, taillée dans la roche blanche, surplombe la mer. Au bout, abrité par des collines arides, le port des Goudes. La route se termine un kilomètre plus loin. À Callelongue, impasse des Muets. Derrière, les calanques de Sormiou, Morguiou, Sugitton, En-Vau. De vraies merveilles. Comme on n'en trouve pas sur toute la côte. On ne peut y aller qu'à pied. Ou en bateau. C'est ça la chance. Après, bien après, il y a le port de Cassis. Et les touristes.
Ma maison, c'est un cabanon. Comme presque toutes les maisons ici. Des briques, des planches et quelques tuiles. Le mien était construit sur les rochers, au-dessus de la mer. Deux pièces. Une petite chambre et une grande salle à manger-cuisine, meublées simplement, de bric et de broc. Une succursale d'Emmaüs. Mon bateau était amarré huit marches plus bas. Un bateau de pêcheur, un pointu, que j'avais acheté à Honorine, ma voisine. Ce cabanon, je l'avais hérité de mes parents. C'était leur seul bien. Et j'étais leur fils unique. »

 

Alexandre Dumas, Le Fils du Forçat

Publié en 1859 :

Alexandre Dumas« Château, bastide ou cabanon, c'est tout un à Marseille, c'est-à-dire que le caractère et l'imagination du propriétaire décident du titre que porte toute habitation extra-muros, bien plus que la taille ou l'architecture de ladite habitation. Si le Marseillais est orgueilleux, la maison sera un château ; s'il est simple, elle deviendra une bastide ; s'il est modeste, il la nommera un cabanon. Mais lui seul peut établir cette classification, car rien ne ressemble autant à un château marseillais qu'une bastide, si ce n'est peut-être un cabanon(…)
À l'intérieur, il [le cabanon de M. Coumbes] se composait de trois pièces au rez-de-chaussée, de quatre au premier étage. Celles du bas étaient assez spacieuses ; pour celles du premier, il semblait que l'architecte eût pris pour modèle la dunette d'un vaisseau. On ne respirait, dans chacune de ces cabines, qu'à la condition de laisser la fenêtre ouverte. Tout cela était meublé de vieux meubles achetés par M. Coumbes chez tous les brocanteurs des anciens quartiers.
À l'extérieur, le cabanon de M. Coumbes avait un aspect tout à fait fantastique. Dans son adoration profonde pour ce monument, chaque année il s'était plu à l'embellir ! Et ces embellissements faisaient plus d'honneur au cœur qu'au goût du propriétaire. (…) Des tons plats, M. Coumbes passa aux arabesques, puis il se lança dans les fictions architecturales avec plus ou moins de perspective. Le cabanon fut successivement un temple grec, un mausolée, un Alhambra, une caverne norvégienne, une hutte couverte de neige. »

 

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