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Le château d'If

Oubliettes et cellule "V.I.P." au port des galères

Quand François 1er débarque sur l'îlot d'If dans l'archipel du Frioul en 1516, il en voit immédiatement l'intérêt stratégique. Il commande la construction d'une forteresse afin de verrouiller la rade de Marseille. Les travaux se déroulent de 1527 à 1531. Les fortifications comprennent une enceinte entourant un bâtiment carré flanqué de trois tours cylindriques. Un  donjon complète l'ensemble. Une garnison de soixante hommes et un gouverneur occupent la forteresse. Mais elle ne connaît ni siège ni cLe Château d'Ifombat et devient rapidement une prison. Ses premiers détenus sont deux pêcheurs marseillais, en 1540. On y enferme les opposants au Roi, notamment des Protestants, et des républicains sous le Second Empire.
Les conditions de vie sont si dures dans les cachots du rez-de-chaussée que l'espérance de vie des prisonniers est de neuf mois. Il est possible, moyennant finance, d'obtenir des cellules au premier étage appelées "pistoles", du nom de la monnaie servant au paiement. Spacieuses, elles comportent fenêtres et cheminées. Le jeune Mirabeau en fut pensionnaire ainsi que Jean-Baptiste Chataud, capitaine du navire Grand Saint Antoine, par lequel la peste est arrivée à Marseille en 1720.
Sous le règne de LIf depuis la merouis XIV, l'arsenal de Marseille compte 34 galères sur les 40 que possède la France. De très loin, c'est le port des galères du royaume. Parmi les galériens, beaucoup proviennent du château d'If. Sortis des oubliettes, ils se retrouvent, certes, à l'air libre, mais les conditions de vie ne sont pas meilleures : attachés jour et nuit à leur banc sur le pont ouvert au soleil et aux intempéries, les rames qu'ils manipulent à cinq font douze mètres de long. Ils rament à raison de vingt à vingt-cinq coups par minute (voir l'encadré).
Le sort des galériens protestants est pire. À bord, ils subissent des sévices supplémentaires. Près de 1550 "galériens pour la foi", condamnés pour n'avoir pas voulu renier leur religion, y passent jusqu'à trente ans de leur vie. Depuis la révocation de l'Édit de Nantes (1685), c'est le châtiment réservé aux Protestants qui essaient de sortir du territoire. Dans la cour du château d'If, une plaque commémore la mémoire de 3.500 d'entre eux.
Louis XV supprime la peine des galères en 1748. Elle est commuée en travaux forcés. Ainsi, après le coup d'état du 2 décembre 1851, 304 insurgés font un séjour au château d'If avant de partir pour les bagnes de Maison Carrée (Algérie) ou de Cayenne (Guyane).

 

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