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A la fois nautique et maritime

 

Le "port de Vénus" ne met pas tous ses thons dans le même filet : plaisance, pêche, commerce, croisière, il y a toujours un secteur en crise, un autre en expansion… Port

 


La terrible tempête du 26 décembre 2008 qui a anéanti la digue de Cerbère, ravagé la baie de Banyuls, détruit les catalanes de Collioure a fait perdre à Port Vendres cinq mille tonnes d'enrochements. Et pourtant, c'est le port le plus abrité de la Côte Vermeille. Parmi toutes les criques qui creusent la côte au pied du massif des Albères, c'est la plus étroite, la plus longue et la plus profonde.
Portus Veneris – qui doit son nom à Vénus au culte de laquelle un temple y aurait été dédié – est sans doute connu comme abri depuis que les bateaux circulent en Méditerranée. Ce havre naturel devenu port artificiel pour la première fois sous Jacques 1er au XIIIe siècle, n'a pourtant pas laissé à tous la chance de venir s'y mettre en sécurité, si l'on en croit le nombre d'épaves de toutes les époques qui se trouvent aux abords. Refuge des marins prévoyants, Port Vendres ferme vite sa porte quand la houle d'est nord-est se lève : un méchant ressac le long du cap Béar en rend l'entrée délicate.


ENTRE FORT ET SÉMAPHORE

De loin, on reconnaît à gauche de l'entrée le cap Béar, avec son sémaphore imposant et son phare qui ressemble à une tour de jeu d'échecs. Rendu célèbre par les bulletins de la météo marine qui en font une sorte de cap Horn catalan, Béar joue assez bien son rôle d'accélérateur de vents et d'amplificateur de vagues. Pourtant, cap Cerbère et cap Creus sont encore plus doués pour cela.
Sorte de symétrique au sémaphore de Béar côté droit, le fort Saint Elme, ancienne tour de guet, fortifié en 1552 par Charles Quint et revisité par Vauban en 1680, défend à la fois Collioure et Port Vendres. Héroïquement parfois : lors d'un assaut espagnol en 1794, il reçut 10.800 coups de canon sans céder à l'ennemi… C'est aujourd'hui une propriété privée.


LES AMBITIONS DE VAUBANPlaisance et Pêche
Vous entrez dans la passe. Sur bâbord, un coup d'œil au curieux feu rouge du môle perché sur ses grandes pattes blanches depuis 1869. Mais, à tribord, avant la moderne criée aux poissons, vous passez sous la première des deux redoutes construites par Vauban. Le "monsieur fortifications" de Louis XIV avait de grandes ambitions pour Port Vendres. Mais Louvois, son "monsieur finances" l'obligea à se contenter de deux constructions de part et d'autre du bassin, juste assez pour abriter l'artillerie qu'il faut pour repousser les navires indésirables.
Sur le rocher au dessus du feu vert qui signale les roches affleurantes se dresse la redoute du Fanal avec sa tour blanche chapeautée de vert, et un peu plus en ville, de l'autre côté, celle dite de Béar, aujourd'hui aménagée en monument commémoratif de la conquête du Maghreb.
Car l'histoire coloniale a marqué la vie de Port Vendres. En faisant route vers la capitainerie, vous passez devant le port de commerce dont la vie, faite de hauts et de bas, a suivi l'histoire tumultueuse des relations entre la France et l'Afrique, et en particulier depuis 1830 avec l'Algérie qui va assurer jusque dans les années 1960 l'essentiel du trafic du port.


THONS ET FRUITS EXOTIQUES

Avec l'arrivée du train en 1867, c'est l'explosion. Le nombre de passagers et de marchandises ne cesse d'augmenter jusqu'au début Carte postalede la seconde guerre mondiale. Un service de liaison avec les paquebots est mis en œuvre à partir de 1885. Le trajet de Port Vendres - Afrique du Nord a la réputation d'être « la traversée la plus courte dans les eaux les plus calmes ».
Les destructions de la seconde guerre mondiale puis l'indépendance de l'Algérie porteront un coup fatal aux activités portuaires. La pêche, notamment au thon, prendra le relais, le temps que les activités commerciales trouvent de nouveaux débouchés vers l'Afrique noire. Maintenant que les thoniers connaissent un sévère déclin, Port Vendres est devenu le second port fruitier français de Méditerranée. Ananas, bananes et autres fruits exotiques qui peuvent mûrir pendant le transport en conteneurs arrivent régulièrement de Côte d'Ivoire, du Cameroun… Pour faire face à l'augmentation du trafic, le port est sans cesse modernisé, un troisième quai est un projet. Autre filon en voie d'exploitation : la croisière grâce à une ville "typique" et un arrière pays qui ressemble encore à la Côte d'Azur des années vingt.
Port Vendres fait partie de ces ports où le plaisancier aime entrer. Bien plus que dans une marina, on se sent appartenir – modestement – à la famille des gens de mer. Il y en a les ambiances, les bruits, les parfums, les couleurs. Une escale comme on les aime, au caractère bien trempé, même par temps sec.

Christophe Naigeon
Emma Chazelles

 

 

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