Construction du port
Souvenirs, souvenirs…
Un chantier pharaonique et une ambiance familiale caractérisent la sortie de marais de La Grande-Motte à la fin dans les années 68. Témoignage nostalgique d'un adjoint au maître de port présent quasiment depuis le début de l'aventure.
Ce fut aussi un sacré chantier ! « Quand je suis arrivé à mon poste en 1977, la
construction du port était déjà entamée. En fait, il ne se termine jamais, au fil des ans, nous avons rajouté des pontons et des équipements. Il y a toujours des agrandissements » se souvient Pierre Penas, adjoint au maître de port et responsable technique au port de La Grande Motte.
Les grands immeubles en forme de pyramides étaient déjà sortis. Mais Pierre Penas assiste à la construction de tout le côté ouest, vers la discothèque La Dune et le port. « C'était un sacré chantier. Une ambiance familiale régnait à cette époque, perdue aujourd'hui. Le matin, avant de sortir les bateaux, on buvait un café tous ensemble. Les gens de l'extérieur, touristes de tous pays, se mélangeaient aux locaux » explique Pierre Penas.
Au départ le port prévoit 1.000 places, pris d'assaut dès la fin des travaux
(aujourd'hui, 1.500 bateaux y sont amarrés et un projet prévoit d'en ajouter 800). La Grande-Motte fait figure de station balnéaire chic et branchée du Languedoc-Roussillon, appréciée des Parisiens. À la fin des années 70, les célébrités y ont leurs anneaux. « Nous avons mis à l'eau les bateaux de Thierry Lhermitte, de Jean-Pierre Foucault et de Jean-Louis Trintignant » se rappelle Pierre Penas.
Le port, creusé entre 3 et 4 m de profondeur accueille des voiliers dont le plus grand fait ses 55 pieds. Bateaux à voile et vedettes à moteur se partagent à égalité la fréquentation des bassins. Il y a 70 % de gens du coin, Gard et l'Hérault pour l'essentiel mais aussi Vaucluse et Bouches du Rhône » indique Eric Pallier, maître de port, qui précise que « la clientèle est internationale depuis le début, avec surtout des Belges, des Allemands et des Anglais ».
Comme dans tous les ports récents, la zone technique, prévue confortable et bien achalandée, est particulièrement appréciée.
La Grande-Motte fait partie des six ports languedociens issus de la "mission Racine", (mission interministérielle pour l'aménagement touristique du littoral Languedoc-Roussillon) mandatée dans les années 60 pour favoriser le tourisme balnéaire dans le golfe du Lion sans aligner les cubes de béton sur toute la côte. La station est sortie des marais. Une prouesse technique.
Pour son architecte, Jean Balladur, c'est autant une ville à habiter qu'un objet d'art à regarder.
Vivre à la Grande Motte, c'est vivre dans une sculpture. Après, on aime ou on n'aime pas l'esthétique des années soixante-dix. Mais, dans un cas comme dans l'autre, il faut reconnaître que cette ville n'est pas le résultat de la vente de parcelles à des promoteurs qui, comme c'est généralement le cas, ne se préoccupent guère le l'harmonie de l'ensemble.
Là, il y a un concept architectural et urbanistique. Inspirées des temples Inca de Téotihuacan du Mexique autant que du Pic Saint Loup qui se dresse au nord à l'intérieur des terres, les pyramides de la Grande Motte jouent très bien avec la ligne horizontale de la côte et les lumières tranchées de la Méditerranée. Vues de la mer, de la plage de Carnon ou du Grau du Roi, dans le couchant, c'est un vrai spectacle.
Pari gagné aussi pour le projet urbanistique: la Grande Motte n'est pas seulement une
ville de vacances, vide pendant l'hiver comme beaucoup de cités balnéaires et de marinas-pieds-dans-l'eau.
C'est une commune animée, avec près de 7.000 habitants, bien desservie par la route et les transports en commun.
C'est aussi une résidence universitaire pour bien des étudiants de Montpellier qui trouvent ici à louer pendant les neuf mois d'une morte saison de plus en plus vivante.
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