Le petit train de Palavas
Toujours nous regretterons ton petit train
Le petit train de Palavas, déclaré d'utilité publique par Napoléon III, relie la station à Montpellier et fonctionne de 1872 à 1968. Le dessinateur Albert Dubout l'a immortalisé à travers ses dessins humoristiques. Aujourd'hui, il ne reste que la locomotive numéro 81 exposée à l'entrée Sud de Montpellier.
On l'appelle "Le petit train de Palavas", l'une des six lignes de la
Compagnie des chemins de fer d'intérêt local du département de l'Hérault. Du 6 mai 1872 au 31 octobre 1968, il circule entre Montpellier et la station balnéaire de Palavas les Flots.
Pourquoi un train ? Depuis le milieu du XIXe siècle, la mode des bains de mer fait fureur. Palavas n'échappe pas au phénomène et attire de plus en plus de Montpelliérains. Or, la route qui relie Montpellier à la mer est une simple voie de terre inondable par temps de pluie.
Dans les années 1860 le Conseil général de l'Hérault décide la densification du réseau ferré départemental dont une ligne Montpellier - golfe du Lion. Le train suit le parcours du Lez sur sa rive gauche et dessert Lattes et la partie la plus peuplée et la plus populaire de Palavas.
Bien sûr, il y eut des mécontents, noramment les concessionnaires des deux ponts à péage de Palavas. De plus, beaucoup d'opposants prédisent une faible fréquentation et déplorent les dépenses entreprises. Ils se trompent.
Les officiels l'inaugurent le dimanche 5 mai 1872. La distance totale, 11,5 km, s'effectue normalement en une demie heure arrêts compris. Le succès est immédiat. Du 5 mai à la fin du mois de juillet 1872, le train transporte 130.844 passagers. Au plus fort, il draine 2 millions de voyageurs par an. Quatre classes de tarifs existent. La classe A équivaut à notre actuelle première classe (1,20 F), la classe B (0,75 F) à la deuxième classe. La classe C concerne une voiture du matin et du soir pour les chasseurs et leurs chiens. Enfin, la classe D sert au transport de marchandises et ne fonctionne que tôt le matin.
Le train fait trois allers-retours par jour et observe six arrêts. Le terminus à Montpellier se situe au cœur de la ville sur l'Esplanade (actuelle esplanade Charles-de-Gaulle). À 35 m d'altitude, il est le point le plus haut de la ligne. L'arrêt de la Céreirède, en service de 1908 à 1968 se trouve sur la commune de Lattes. Le pont emprunté par le train entre la Céreirède et Lattes n'existe plus.
Les habitants des Premières Cabanes demandent une halte. La direction des Chemins de fer accepte et celle-ci voit le jour en 1884. Elle permet aux cabaniers d'expédier à la ville des gerbes de roseaux. Ces derniers servent à recouvrir les toits ou à fabriquer des canisses (coupe-vents). Les chasseurs et leurs chiens de la classe C utilisent beaucoup cet arrêt. À l'époque les bords des étangs abritent du gibier en abondance.
La ligne rejoint Palavas au-dessus du canal du Rhône
à Sète par un pont étroit. Dernière halte environ 200 m avant le terminus sur la rive droite à la Garette. Le train arrive rive gauche au plus près de la plage. C'est le marquis de Saint-Maurice qui donne les terrains au Conseil général à la condition de les vouer uniquement au transport ferroviaire. La mairie de Palavas, qui détruit la gare en 1974, se voit donc obligée de reconvertir les terrains en gare routière et en parcs de stationnement pour les voitures.
En 1968, la compagnie traverse d'importants soucis d'exploitation et le petit train, quasiment centenaire, disparaît. Les locomotives se recyclent en Alsace et à l'écomusée de Marquèze dans les Landes, sauf deux. La locomotive N°81 est exposée depuis 1995 à l'entrée de Montpellier au rond-point de Palavas et classée monument historique. L'autre fait partie du musée Albert-Dubout à Palavas. Ce caricaturiste génial a croqué le petit train et ses passagers dès 1922 pour notre plus grand bonheur.
Musée à visiter sans faute !
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