Abri naturel et port de guerre
Des grecs aux colonies françaises
Bonne escale au pied des Pyrénées, Port Vendres est un lieu vivant où se mêlent plaisanciers, pêcheurs et navires de commerce. Port Vendres porte la marque d'une très longue histoire dont le dernier épisode est lié à celle des pays du Maghreb, notamment l'Algérie.
Un caprice de la nature a formé le port naturel de Port Vendres, à la lisière maritime de la chaîne des Pyrénées. Une aubaine pour les navigateurs grecs qui rallient Agde à Rosas en Espagne. Ils y font halte, surtout par gros temps. Ces mauvaises conditions météo expliquent peut-être la présence attestée de nombreuses épaves retrouvées à l'entrée du port et dans les alentours. Les experts les datent du VIIIe siècle. La ville doit l'origine de son nom, Portus Vénéris, à la présence d'un temple dédié à Vénus, qui aurait dominé la crique.
Sautons quelques centaines d'années et transportons-nous au XIIIe siècle, période cruciale pour Port Vendres. Jacques 1er dit le Conquérant lègue en 1272 par testament à son fils, les Baléares, Montpellier, la Cerdagne et le Roussillon. Il insiste auprès de son garçon pour que celui-ci aménage un port à Portus Vénéris.
Après la mort de Jacques 1er en 1276, le royaume de Majorque est unifié et les travaux menés à bien par le roi Jacques II de Majorque. Malheureusement, le port tombe en ruine à la fin du XIe siècle. Il faut attendre le XVIIe siècle pour assister au renouveau de Port Vendres. Le 7 novembre 1659, Louis XIV, roi de France et Philippe IV d'Espagne envoient leurs Premiers ministres, respectivement Mazarin et don Luis de Haro, pour signer le traité des Pyrénées. Celui-ci met fin à trente années de guerre franco-espagnole.
La situation du port de Port Vendres intéresse Louis XIV au plus haut point. Cet abri naturel, proche de la frontière espagnole s'avère le seul port en eaux profondes de la côte. Le roi classe Port Vendres port de guerre, aussitôt terminées les fortifications terminées à Collioure par Vauban. Les travaux commencent sous la direction du maréchal de Mailly, toujours sous le règne de Louis XIV. Il fait creuser la vieille darse et aménage la route de Collioure. L'architecte du roi, Monsieur de Wailly, dessine les plans de la place Royale où se dressera plus tard l'obélisque.
Les embellissements se poursuivent, cette fois à la gloire de Louis XVI : l'escalier monumental, les fontaines, l'obélisque, les deux places et le dôme. Tous ces monuments et aménagements sont inaugurés à la veille de la Révolution Française… Port Vendres n'échappe pas aux troubles de 1789 ni à l'invasion espagnole que la ville repousse en 1794. La ville signe la paix et reprend ses activités de plus en plus nombreuses. En 1823, elle obtient le statut de commune libre et indépendante.
La France colonise l'Algérie en 1830. Pour assurer un trafic de plus en plus important, des travaux d'extension et d'amélioration sont entrepris dans le port. La jetée, la place Castellane et le fort Béar sortent de terre. Dès 1867, le chemin de fer s'arrête à Port Vendres. La ville devient ainsi un des ports importants du commerce maritime méditerranéen. Le nombre de passagers et de marchandises ne cesse d'augmenter jusqu'au début de la seconde guerre mondiale. Un service de liaison avec les paquebots est mis en œuvre à partir de 1885.
Les Allemands font sauter le port en 1944 avant de se replier. Il est reconstruit dès la fin des hostilités et prospère jusqu'en 1962, année de l'indépendance algérienne. Le trajet de Port Vendres/Afrique du Nord a la réputation d'être « la traversée la plus courte dans les eaux les plus calmes ». L'indépendance de l'Algérie et le retour brutal des Français d'Algérie porte un coup fatal aux activités portuaires. Si Port Vendres a perdu sa capacité d'antan, il reste un port coloré, typiquement méditerranéen qui allie la pêche, la plaisance et le commerce. C'est une bonne escale, qui offre des places d'accueil alors qu'elles sont rarissimes à Collioure et Banyuls.
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