La Londe au temps de la mine
Les mineurs de la Londe
ont fait surgir une commune du fond du puits
Vers 1875, Victor Roux, riche financier marseillais devient propriétaire du Domaine des Bormettes dont il redécouvre et développe le filon de plomb argentifère qui s’y trouve.
En 1881, il fonde la Société des Mines des Bormettes et l’exploitation des mines de l’Argentière riches en zinc et surtout démarre dès 1885, créant de nombreux emplois. Ainsi, après avoir été un territoire essentiellement forestier et agro-pastoral, La Londe entre à la fin du XIXe siècle dans une ère minière.
À partir de 1890, d’autres filons sont découverts et exploités, les plus importants à La Rieille et au Verger (nord de la commune). L’exploitation s’étend alors sur une superficie qui couvrait la quasi-totalité du territoire de La Londe et même une partie des communes de Collobrières et Bormes.
Ces mines sont tellement prospères que leur rentabilité nécessite la création d’un chemin de fer en 1899, permettant le transport des ouvriers entre les différents lieux d’extraction et l’acheminement du minerai jusqu’à l’Argentière où s’effectuaient son traitement et son expédition par voie maritime.
Signe de prospérité aussi, une fonderie, dont on voit encore l’imposante cheminée-tunnel, est construite à titre expérimental en 1897 pour traiter le minerai sur place.
La prospérité de la mine contribue directement à la formation du village (construction de corons, création d’un bureau de poste et télégraphe, d’une gendarmerie, ...) et à la création de la commune.
À partir de 1890, le village s’ouvre aussi vers l’extérieur avec la mise en service de la ligne de chemin de fer du littoral qui effectue le trajet Toulon-Saint-Raphaël.
Gagnant peu à peu son autonomie, La Londe-les-Maures, le s
econd toponyme, provenant du latin «mauros» qui signifie «brun foncé», évoquant la couleur du massif.
Alors que le village croît, l’exploitation des mines des Bormettes connaît une baisse croissante de sa productivité dès 1904 et cesse toute activité en 1929.
Profitant de la main d’œuvre disponible de la mine déclinante, le groupe Schneider s’implante en 1907 aux Bormettes et installe dès 1912 une usine d’armement, filiale des usines du Creusot.
Cette société contribue à l’extension du village en faisant édifier, à partir de 1912, une véritable cité ouvrière de type coron aux abords de l’usine. En 1920, une ligne de chemin de fer est créée pour assurer le transport des ouvriers et des marchandises vers le village. Le tronçon de la «Promenade de
s Annamites», qui s’étend du village au centre de vacances Odel Var, en suit aujourd’hui le tracé. Il fut baptisé ainsi en souvenir de soldats indochinois, mobilisés en France lors de la première guerre mondiale, et qui, employés après la guerre à l’usine, contribuèrent à la construction de la voie ferrée.
Dans les années 1940, la Marine s’installe aux Bormettes, en devenant propriétaire entre autres du Château Vernet et du bâtiment de l’Astrolabe.
Après avoir été expropriée par les troupes d’occupation allemandes, elle reprend possession de ses biens à La Libération et y crée son premier centre de formation maritime, d’abord école de canonnage puis de transmission.
En 1972, suite à un regroupement des écoles de Maine à Saint-Mandrier, le site devient la propriété du Ministère des PTT puis de France Telecom.
Depuis les années 1950, du village de corons qu’elle était au début du XXe siècle, La Londe est devenue peu à peu une station balnéaire et climatique qui conserve un caractère rural avec ses vingt-deux domaines et châteaux viticoles, ses nombreuses serres et la plus grande oliveraie du Var.
- Sources :
- archives mairie de La Londe




