La part du Lion
Plateau continental : la part du Lion
Beaucoup croient que le golfe du Lion n’est qu’une plage de sable sous-marine, sans aucune variété et sans grand intérêt. Erreur ! Pour les caboteurs curieux et respectueux, une croisière côtière de Camargue aux Pyrénées est l’occasion de le traverser des milieux très divers. Sans parler des zones lagunaires, très particulières, les eaux maritimes du Languedoc-Roussillon recèlent quatre types d’habitat: la pleine eau, les fonds meubles, les roches sous-marines, les herbiers de posidonie. Cabotages-Coastwise propose ici une série qui se poursuit, dans nos différentes éditions. A vous de les trouver au fil de vos étapes.
Des Pyrénées au Rhône il est un point commun : un plateau continental. Le Golfe du Lion, contrairement à la côte de Provence où les fonds tombent très vite dans les grandes profondeurs, dispose d’une zone immense de faible profondeur : entre le bord de plage et la zone des 200 m de fond, le plateau s’étend sur quelques 14.000 km2.
SAVOIR PARTAGER L’EAU
Une autre caractéristique est que le golfe du Lion est alimenté par de puissants cours d’eau. Les deux Rhône – petit et grand – jouent , évidemment, le premier rôle, mais l’Hérault, l’Orb, l’Aude et bien d’autres fleuves côtiers apportent aussi leur lot de sédiments et d’éléments nutritifs.
Inconvénient pour les touristes et les plongeurs en particulier, les eaux y sont donc plus troubles qu’à l’est du cap Couronne. La lumière, nécessaire au développement des êtres vivants, est donc entravée par tous ces éléments en suspension. Mais, la perte de luminosité en profondeur est compensée par la faible épaisseur de la lame d’eau : la surface de fonds éclairés y est beaucoup plus importante que, par exemple, dans les Calanques où les fonds atteignent 40 m sous la roche de côte et plus de cent mètres à quelques milles.
Cela a, évidemment, des conséquences sur les activités de pêche. On ne pêche pas en Languedoc-Roussillon comme en Provence - Côte d’Azur. Mais, ici comme là-bas, le partage de la surface de la mer est le même pour les pêcheurs.
La zone des trois milles nautiques (correspondant historiquement à la portée d’un canon) accueille la plupart de richesses marines. Il est défendu d’y utiliser des filets traînants qui abîment les fonds et font des dégâts indifférenciés parmi les nombreuses espèces. Une gestion concertée est nécessaire.
Les eaux territoriales s’étendent jusqu’à douze milles. On peut y pêcher avec des filets traînants remorqués. C’est la zone où évoluent les chalutiers.
Certaines zones sont totalement interdites à toute forme de pêche. Elles sont encore peu nombreuses dans le golfe du Lion mais la réserve naturelle de Cerbère – Banyuls, avec ses 650 ha dont 65 ha sont totalement mis en défens, en est un exemple. Toute la zone périphérique en profite et les plaisanciers respectueux y sont les bienvenus.
En toute zone, certaines espèces sont protégées : c’est le cas du mérou brun (moratoire total depuis 1993 pour la pêche à la ligne et la chasse sous-marine), la grande nacre, la patelle géante, la grande cigale de mer, la datte de mer, la tortue caouanne, les cétacés et l’oursin diadème.






