La capitale a toujours cherché un accès à la mer
Montpellier rêve de se relier à nouveau à la mer, comme au temps de sa création. Avec deux axes à l’étude : la voie maritime via le fleuve Lez et la route de la mer. De nouveaux quartiers émergent : Port Marianne, Port Jacques Cœur, Jacques Cœur 2… D’ici 2012, les bateaux de plaisance navigueront de la mer jusqu’à Montpellier. Et les habitants pourront les amarrer devant leurs maisons.
Montpellier et sa jonction à la mer, une longue histoire …
« Le rêve de relier la ville à la Méditerranée remonte aux origines de Montpellier en 985. À cette époque, les bateaux à fond plat remontaient le Lez jusqu’à Substantion (actuelle Castelnau-le-Lez), explique Philippe Saurel, adjoint chargé de l’Urbanisme à la mairie de Montpellier qui poursuit : l’accès à la mer se faisait également par les étangs. Sans oublier que Lattes était un port romain. »
À travers l’histoire, le port de Montpellier garde le nom de Port Juvénal (au bout de l’actuelle avenue du Pont Juvénal). Les Consuls de la mer le gèrent. Des embarcations le fréquentent jusqu’à la fin du XIXe siècle et même au début du XXe.
Mais l’avènement du train sonne le glas du trafic par voie la fluviale. Le commerce lui préfère la voie ferrée. Montpellier devient la deuxième ville de France à être dotée du train. La première ligne vers Sète date de 1838.
Depuis, les étangs par où transitaient les bateaux, plus du tout entretenus, se sont ensablés et envasés.
Le capricieux Lez, lui, a été domestiqué. Renouant un peu avec la tradition, les bateaux à faibles tirants d’eau et d’air peuvent le remonter jusqu’à Port Ariane à Lattes mais pas plus loin.
Aujourd’hui, qu’en est-il du vieux rêve de relier Montpellier à la mer ? Région et municipalité travaillent sur deux axes : fluvial et routier.
Pour le premier, Philippe Saurel mène un gigantesque chantier : un nouveau quartier en direction de la Méditerranée qui comportera un bassin pour les bateaux de plaisance. « Figuré par l’actuel jet d’eau à Jacques Cœur 1, ce bassin permettra d’accueillir 80 embarcations, au pied des immeubles. De véritables marinas pour les montpelliérains disponibles dès 2012. Le plan d’eau final comprendra celui où s’élance le jet d’eau et la partie qui se prolonge jusqu’au Lez. »
Le Lez verra sa profondeur augmenter de 80 cm et son cours sera modifié pour améliorer sa navigabilité. Mais il ne s’agit pas seulement d’un équipement.
C’est d’un déplacement de la ville vers la mer qu’il s’agit. Le port sera flanqué d’un côté par le futur Centre d’art contemporain, et, de l’autre, par la nouvelle mairie de Montpellier des architectes Jean Nouvel et François Fontès (ouverture en 2011).
Toute bleue, elle aura la forme d’un immense bateau. Le second axe se nomme Avenue de la Mer, c’est la voie terrestre. D’une largeur à terme de 63 m, elle débutera à Antigone, se terminera aux plages et traversera les communes de Lattes, Pérols, Carnon et Palavas. Elle comprendra, au centre, les lignes de tramway 1 et 3, un chemin piétonnier et des ramblas comme à Barcelone. Sur le tronçon de Montpellier, qui se veulent les "Champs-Élysées" de la ville, de nouveaux quartiers sont appelés à naître : centres d’affaires, bureaux, grandes écoles et logements.
Pourtant, même si le trafic nautique d’antan était rétabli, tout cela ne fera pas de Lattes, ni de Carnon ni de Palavas de véritables ports pour une ville dont la taille et l’ambition ne cessent de s’accroître. C’est maintenant du côté de Sète que lorgne la capitale régionale pour son développement maritime. On parle d’un projet de communauté urbaine allant, vers l’ouest, jusqu’à l’île Singulière et le bassin de Thau, d’une ligne de tram entre les deux villes…
- Marilyn Beaufour et Christophe Naigeon




